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    PERP : le coup de vieux

    On vous l’a ressassé sur les ondes, asséné en vidéo chocs, peinturluré en capitales sur les murs. On a tiré le signal cent fois : "préparez votre retraite". Et puis... on vous a présenté le PERP. Le premier placement financier vendu par la peur.

    Le 01/07/2004, par Karine Le Loët , Toad
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    1 Message

    • > PERP : le coup de vieux

      1er juillet 2004 13:06, par Stéphane Jézequel

      Bonjour,

      Je dois dire que votre idée de montrer l’instrumentalisation de la peur sur le sujet de la retraite n’est pas mal trouvée. J’ai reçu un courrier de la Caisse d’Epargne voilà un mois, dont le titre était "CHAQUE JOUR QUI PASSE EST UN JOUR DE PERDU...", et on voit un jeune homme de dos, on peut imaginer que le type est un jeune "cadre", on est au bureau, le type est en chemise impeccable, il peut avoir entre 25 et 40 ans d’après moi, jeune et en tout cas sans tonsure. On se demande quel photographe la Caisse d’Epargne a fait travailler parce que la pendule que le jeune cadre contemple indique "WED 7", mais passons. Le courrier explique que les textes d’application viennent d’être publiés au JO et me propose un "RENDEZ-VOUS "PRIORITAIRE", ajoutant que je serai également "prioritaire pour profiter du Plan Epargne Retraite". Bon. Je prends rendez-vous via le numéro AZUR, qui me branche avec mon agence Caisse d’Epargne locale. A l’agence locale, impossible (comme vous l’indiquez) d’obtenir le moindre engagement de la banque sur une quelconque "rentabilité", fût-elle minime, et je confirme l’aspect "mystérieux" de la chose. En revanche, el simulateur électronique me confirme que mes droits à la retraite vont baisser de 6 à 9% me concernant. L’articulation commerciale n’est pas un engagement de la banque (se contente de garantir l’argent versé et de proposer de l’assurance vie et des produits x et y qui lui sont propres), mais l’énorme remise fiscale - 40% de l’argent épargné sur ma tranche d’imposition ! - qui me fait gagner 60 euros d’impôt direct par mois quand je place 200 sur mon PERP. Not bad ! Je laisse ma trouille au vestiaire. Je n’ai plus peur du tout . La peur, je la laisse à ceux qui ne paient pas d’impôts. Ce que le banquier me confirme, lorsque je lui demande si la mesure est populaire auprès de ceux qui paient moins d’IR. La réponse est sans équivoque. "Oui, les gens ont peur du lendemain, surtout ceux pour qui la vie est dure aujourd’hui, alors ils nous demandent de retenir 30 euros tous les mois, même si les mesures fiscales ne les encouragent pas". Car la mesure est objectivement ultra intéressante et rentable pour ceux qui paient beaucoup d’impôts. Donc, soit la banque raconte des histoires, la peur est un argument commercial qui ne prend pas, et les pauvres ne souscrivent pas, soit la banque dit vrai, et là, c’est le raz-de-marée de retraites en crédit revolving, garantie par l’Etat. Affaire à suivre. "Qui souscrit au PERP" ?

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