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Vox patroniLe 27/11/2007,
par
Arnaud Gonzague
Les Trente Glorieuses sont terminées, mais personne ne le sait. La France est alors plus industrielle que tertiaire, le textile et les mines tournent à plein régime et le chômage de masse est inconcevable. Les délocalisations, la précarisation, la désyndicalisation sont des mots absents du dictionnaire. Un pédégé explique à propos des multinationales que leur « puissance réelle est toujours, et sera toujours, limitée par la souveraineté des Etats […] aussi petits soient-ils ». Un autre regrette que les syndicats veuillent « renverser le système », et tous dissertent longuement sur une notion aujourd’hui reléguée aux oubliettes : l’autogestion. On se pince même en entendant Bernard Darty, grave dirigeant à moustaches, décrire l’arrivée d’un syndicat comme un « traumatisme tel qu’il modifie les schémas du chef d’entreprise. Psychologiquement, il ne peut le supporter […] Lui croyait sincèrement que tout le monde [était heureux] » dans son entreprise ! Ce genre de phrases réapparaissent de temps à autre (il faut « mettre notre langage à la portée de nos interlocuteurs [ouvriers], ce qui n’est pas facile du tout », dit l’un) en cette époque où le langage n’est pas encore javellisé par la communication. Mais interrogeons-nous : et si aujourd’hui on tendait le micro aux douze plus gros pédégés français, qu’entendrait-on ? Pas de la condescendance, non. Probablement peu d’hypocrisie aussi. Mais sûrement le mot « profit », qui est étrangement absent dans La Voix de son maître. Gérard Mordillat et Nicolas Philibert – LA VOIX DE SON MAÎTRE. Blaq Out, 1h35, 20 euros. Le site d’Arnaud Gonzague
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