Le magazine du développement durable
Mardi 7 octobre 2008

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    Jouer à pile ou Terre
    Coffrets écologiques, jeux de société sur la nature… Difficile encore de se repérer sur un micro-créneau émergent et tendance.
    Le 29/11/2007, par Lise Lebrun

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    Des ahuris. Il y a dix ans, quand Jean-Thierry Winstel et Olivier Mercier débarquent dans les salons de jouets avec Bioviva sous le bras, les professionnels rigolent doucement devant ce jeu consacré à l’histoire de la vie sur Terre. « On nous voyait comme des hirsutes écolos ou des membres d’une secte », en sourit encore Olivier Mercier. A l’époque, les seuls jeux d’éducation au développement durable en rayon viennent d’Allemagne. « Ils étaient tellement ternes et gris, tellement alarmistes qu’avant même la fin de la partie, on avait envie de se tirer une balle », poursuit Olivier Mercier dans un éclat de rire.

    Malgré le scepticisme de la profession, les deux amis d’enfance, ingénieurs en agronomie et en environnement, font face. Ils se lancent dans les jeux écoconçus sous le nom de Bioviva, leur premier bébé. Des jeux made in France, primés à de nombreuses reprises, durables jusqu’au dernier pion, entièrement recyclés, recyclables et imprimés avec des encres à base d’huile végétale. Aujourd’hui, les deux hommes ont la banane. 200 000 exemplaires du jeu Bioviva ont été écoulés dans une dizaine de pays.

    Depuis cette réussite, le créneau s’est timidement élargi. Car ce micromarché, très marginal sur le secteur du jouet, reste difficile d’accès pour le consommateur. Sans repère ni label – contrairement à l’agriculture biologique –, le produit, en moyenne 15 % plus cher qu’un jeu classique, ne présente aucune garantie de qualité.

    Flou artistique D’ailleurs, qu’est-ce qu’un jeu durable ? Doit-on uniquement s’attacher à son contenu éducatif, ou à ses modes et lieux de fabrication ? Ou à tout cela ? Les fabricants ont bien identifié ce flou artistique et s’y engouffrent. Certains n’hésitent pas, en toute impunité, à se verdir abusivement. Alors, gare aux étiquettes, dans les magasins de jouets notamment, qui lorgnent ce marché très tendance. Chez Joué Club, qui propose un coffret station solaire écologique, conçu en matières recyclées et recyclables, le pédégé de l’enseigne, Jackie Pellieux, affirme droit dans ses bottes : « L’important est de proposer quelques jeux écolos, qui ne se vendent pas très bien, mais qui nous permettent de rester dans le coup. »

    Le créneau n’échappe pas non plus à Dora, l’égérie des petites têtes blondes et très lucrative exploratrice du petit écran. Cette année, la star des bacs à sable apprend le respect de l’environnement à ses fans, dès l’âge de 4 ans. Le jeu de société « L’écologie avec Dora » est fabriqué en Italie par la marque Clementoni, à partir de matériaux recyclés.

    Chez les éditeurs de DVD et de jeux vidéos, on convoite aussi une part du gâteau. Nintendo se targue ainsi de faire découvrir la faune et la flore sousmarines avec le jeu « Endless Ocean », qui vient de débarquer sur la console Wii. Et tant pis si ces logiciels sont par nature non écoconçus. La faute au plastique et aux composants. —

    Des ahuris. Il y a dix ans, quand Jean-Thierry Winstel et Olivier Mercier débarquent dans les salons de jouets avec Bioviva sous le bras, les professionnels rigolent doucement devant ce jeu consacré à l’histoire de la vie sur Terre. « On nous voyait comme des hirsutes écolos ou des membres d’une secte », en sourit encore Olivier Mercier. A l’époque, les seuls jeux d’éducation au développement durable en rayon viennent d’Allemagne. « Ils étaient tellement ternes et gris, tellement alarmistes qu’avant même la fin de la partie, on avait envie de se tirer une balle », poursuit Olivier Mercier dans un éclat de rire.

    Malgré le scepticisme de la profession, les deux amis d’enfance, ingénieurs en agronomie et en environnement, font face. Ils se lancent dans les jeux écoconçus sous le nom de Bioviva, leur premier bébé. Des jeux made in France, primés à de nombreuses reprises, durables jusqu’au dernier pion, entièrement recyclés, recyclables et imprimés avec des encres à base d’huile végétale. Aujourd’hui, les deux hommes ont la banane. 200 000 exemplaires du jeu Bioviva ont été écoulés dans une dizaine de pays.

    Depuis cette réussite, le créneau s’est timidement élargi. Car ce micromarché, très marginal sur le secteur du jouet, reste difficile d’accès pour le consommateur. Sans repère ni label – contrairement à l’agriculture biologique –, le produit, en moyenne 15 % plus cher qu’un jeu classique, ne présente aucune garantie de qualité.

    Flou artistique D’ailleurs, qu’est-ce qu’un jeu durable ? Doit-on uniquement s’attacher à son contenu éducatif, ou à ses modes et lieux de fabrication ? Ou à tout cela ? Les fabricants ont bien identifié ce flou artistique et s’y engouffrent. Certains n’hésitent pas, en toute impunité, à se verdir abusivement. Alors, gare aux étiquettes, dans les magasins de jouets notamment, qui lorgnent ce marché très tendance. Chez Joué Club, qui propose un coffret station solaire écologique, conçu en matières recyclées et recyclables, le pédégé de l’enseigne, Jackie Pellieux, affirme droit dans ses bottes : « L’important est de proposer quelques jeux écolos, qui ne se vendent pas très bien, mais qui nous permettent de rester dans le coup. »

    Le créneau n’échappe pas non plus à Dora, l’égérie des petites têtes blondes et très lucrative exploratrice du petit écran. Cette année, la star des bacs à sable apprend le respect de l’environnement à ses fans, dès l’âge de 4 ans. Le jeu de société « L’écologie avec Dora » est fabriqué en Italie par la marque Clementoni, à partir de matériaux recyclés.

    Chez les éditeurs de DVD et de jeux vidéos, on convoite aussi une part du gâteau. Nintendo se targue ainsi de faire découvrir la faune et la flore sousmarines avec le jeu « Endless Ocean », qui vient de débarquer sur la console Wii. Et tant pis si ces logiciels sont par nature non écoconçus. La faute au plastique et aux composants. —