Le magazine du développement durable
Lundi 6 octobre 2008

oublié ?
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    L’agriculture se fait bio
    Elle recouvre désormais 31 millions d’hectares dans le monde.
    Le 06/09/2007, par Laure Noualhat

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    On dit que les éructations – rot et pet – de la vache contribuent au réchauffement climatique, mais c’est le cas pour l’ensemble du contenu de nos assiettes. L’agriculture représente près d’un quart des émissions de CO2 mondiales. Celle-ci affronte un double défi : nourrir les hommes – et leurs animaux – sans mettre en péril la planète. Les espoirs se portent sérieusement sur l’agriculture biologique.

    Au début de l’été, la FAO, l’organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation, a largement soutenu ce mode de production expliquant qu’il n’était plus l’apanage des pays riches. Le nombre de contraireconversions de terres va bon train : l’agriculture biologique recouvre désormais 31 millions d’hectares dans le monde et représente un marché de plus de 40 milliards de dollars (30 milliards d’euros). Sans engrais chimiques, sans pesticides, et sans OGM (organismes génétiquement modifiés), cette méthode de production a un faible impact sur l’environnement grâce à une pollution moindre de l’air, du sol et de l’eau.

    Sans conteste, la consommation de produits biologiques a explosé en 2006 en France. Même si deux tiers des produits bio restent importés d’Europe, ce bond tire l’agriculture vers le haut. « En France, le bio constitue désormais, enfin, une tendance de fond », affirme Elizabeth Mercier, directrice de l’Agence Bio, qui fait office d’observatoire et de groupe de pression. En 2006, selon le baromètre de l’Agence, 43 % des Français ont consommé au moins un produit issu de l’agriculture biologique et le panier de ces adeptes s’est élargi, passant de 4,4 à 5 catégories de produits en moyenne. Les points de vente se multiplient : 2 800 magasins proposent du bio dans leurs rayonnages, ainsi que 1 500 boutiques spécialisées. Si bien que la consommation progresse de l’ordre de 10 à 15 % par an. « Consommer bio fait partie d’une mobilisation progressive en faveur de l’environnement », analyse, confiante, Elizabeth Mercier.

    Un soupçon de luzerne

    Cet engouement masque pourtant le décalage avec la faible progression des surfaces agricoles. Car les 11 640 exploitations engagées dans la production biologique en France ne représentent finalement que 2 % de la surface agricole utile (SAU) nationale, soit environ 550 000 hectares. Une pointe de luzerne dans un champ de maïs, même si la tendance est à la hausse (+2,5 % en 2006). Le défi à venir consistera à disposer d’une offre suffisante pour répondre à la demande croissante. « Ces dernières années, la France avait une avance sur le blé tendre, par exemple, poursuit Elizabeth Mercier. Mais nous sommes désormais en situation de rareté, il y a un besoin urgent de production sur le territoire. » Or les agriculteurs ont du mal à convertir leurs terres ou tout simplement à les maintenir en bio. Dans le cadre du programme de développement rural pour la période 2007-2013, les régions pourront offrir 100 à 600 euros par hectare et par an selon la culture pratiquée.

    En toute logique, l’augmentation du nombre d’exploitations permettra de mieux structurer la filière de production, de collecte, de valorisation et de distribution. En densifiant les zones de collecte, on peut, par exemple, espérer un meilleur rapport qualité-prix pour les consommateurs finaux. Lesquels, en véritables « drogués du bio », ont bien l’intention de soutenir leur filière en devenant un groupe d’influence. L’association Bio Consom’acteurs ambitionne ainsi de fédérer 10 000 membres – le minimum pour devenir une association de défense des consommateurs – afin d’informer, de faire baisser les prix et, peut-être, de peser de tout son poids dans les décisions de l’Union européenne. Comme celle prise en juin 2007 par le Conseil européen, qui autorise la contamination des produits bio par les OGM à hauteur de 0,9 %.

    On dit que les éructations – rot et pet – de la vache contribuent au réchauffement climatique, mais c’est le cas pour l’ensemble du contenu de nos assiettes. L’agriculture représente près d’un quart des émissions de CO2 mondiales. Celle-ci affronte un double défi : nourrir les hommes – et leurs animaux – sans mettre en péril la planète. Les espoirs se portent sérieusement sur l’agriculture biologique.

    Au début de l’été, la FAO, l’organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation, a largement soutenu ce mode de production expliquant qu’il n’était plus l’apanage des pays riches. Le nombre de contraireconversions de terres va bon train : l’agriculture biologique recouvre désormais 31 millions d’hectares dans le monde et représente un marché de plus de 40 milliards de dollars (30 milliards d’euros). Sans engrais chimiques, sans pesticides, et sans OGM (organismes génétiquement modifiés), cette méthode de production a un faible impact sur l’environnement grâce à une pollution moindre de l’air, du sol et de l’eau.

    Sans conteste, la consommation de produits biologiques a explosé en 2006 en France. Même si deux tiers des produits bio restent importés d’Europe, ce bond tire l’agriculture vers le haut. « En France, le bio constitue désormais, enfin, une tendance de fond », affirme Elizabeth Mercier, directrice de l’Agence Bio, qui fait office d’observatoire et de groupe de pression. En 2006, selon le baromètre de l’Agence, 43 % des Français ont consommé au moins un produit issu de l’agriculture biologique et le panier de ces adeptes s’est élargi, passant de 4,4 à 5 catégories de produits en moyenne. Les points de vente se multiplient : 2 800 magasins proposent du bio dans leurs rayonnages, ainsi que 1 500 boutiques spécialisées. Si bien que la consommation progresse de l’ordre de 10 à 15 % par an. « Consommer bio fait partie d’une mobilisation progressive en faveur de l’environnement », analyse, confiante, Elizabeth Mercier.

    Un soupçon de luzerne

    Cet engouement masque pourtant le décalage avec la faible progression des surfaces agricoles. Car les 11 640 exploitations engagées dans la production biologique en France ne représentent finalement que 2 % de la surface agricole utile (SAU) nationale, soit environ 550 000 hectares. Une pointe de luzerne dans un champ de maïs, même si la tendance est à la hausse (+2,5 % en 2006). Le défi à venir consistera à disposer d’une offre suffisante pour répondre à la demande croissante. « Ces dernières années, la France avait une avance sur le blé tendre, par exemple, poursuit Elizabeth Mercier. Mais nous sommes désormais en situation de rareté, il y a un besoin urgent de production sur le territoire. » Or les agriculteurs ont du mal à convertir leurs terres ou tout simplement à les maintenir en bio. Dans le cadre du programme de développement rural pour la période 2007-2013, les régions pourront offrir 100 à 600 euros par hectare et par an selon la culture pratiquée.

    En toute logique, l’augmentation du nombre d’exploitations permettra de mieux structurer la filière de production, de collecte, de valorisation et de distribution. En densifiant les zones de collecte, on peut, par exemple, espérer un meilleur rapport qualité-prix pour les consommateurs finaux. Lesquels, en véritables « drogués du bio », ont bien l’intention de soutenir leur filière en devenant un groupe d’influence. L’association Bio Consom’acteurs ambitionne ainsi de fédérer 10 000 membres – le minimum pour devenir une association de défense des consommateurs – afin d’informer, de faire baisser les prix et, peut-être, de peser de tout son poids dans les décisions de l’Union européenne. Comme celle prise en juin 2007 par le Conseil européen, qui autorise la contamination des produits bio par les OGM à hauteur de 0,9 %.