Le magazine du développement durable
Jeudi 20 novembre 2008

oublié ?
Recherche France verte désespérément - New York quitte l’habit de lumières - Des ingénieurs fous de graisse - 2008 : le 1er "choc écologique" - La pub par ici, par là et par là et... - Chine : la fin d’une vedette américaine ? - Un nouvel avion pour Nicolas Sarkozy - L’électron libre de la Silicon Valley - Grenelle : ça démarre quand ? - 5- Des semences de nuages - Ballon d’oxygène - Les légumes à l’assaut de la Maison Blanche - 5. Eau : moins de poissons, plus de PCB - 6. Industrie : réveil tardif sur REACH - Bataille pour un nombre d’or - Le pape espère un cadeau du ciel - Krach ou crise de civilisation ? - L’équation qui tue - Le petit ruisseau des grandes rivières - Une deuxième vie dans le bidonville de Dharavi - 2- Des lunettes géantes - 4- Un aspirateur à gaz carbonique - Mon vélo est en carton - 2. Déchets : 3 longueurs derrière l’Allemagne - Bio - La rançon du succès - 3. Fiscalité verte : bonus malus minus... - Le déodorant - 9. Energie : l’éolien manque de souffle - 3- Des tonnes de fer dans l’océan - Du CO2 dans les relations franco-allemandes - 4. Transports : vive l’autoroute ! - 7. Biodiversité : sols en danger - Krach - La fin d’un monde - 11. Pauvreté, bilan médiocre - Une réinsertion toute naturelle - Ello Mobile, le coeur sur le combiné - Vélo de déménagement - L’année des anti-méduses - Le burger qui nettoie les estomacs - « Nos dirigeants ne perçoivent pas l’immensité du danger »




    "Etats-Unis et Brésil : les grands perdants de la biodiversité"
    L’érosion de la biodiversité accroît la pauvreté. Entretien avec Gregory Mikkelson, biologiste et professeur de philosophie à l’université Mac Gill de Montréal (Canada).
    Le 20/06/2007, par Cire , Simon Barthélémy

    • 3 colonnes
    • moins
    • plus

    Selon un article que vous venez de publier (1), la disparition des espèces est statistiquement la plus rapide dans les pays où les inégalités sociales se creusent. Pourquoi ?

    Gregory Mikkelson - Nous avons repris le mécanisme d’une étude bien connue des scientifiques démontrant le lien entre l’égalité économique et la santé publique. Celle-ci suppose des niveaux élevés de coopération dans des sociétés plus égalitaires, elles-mêmes fondées sur des degrés élevés de confiance entre ses membres, ce qui permet un fonctionnement plus efficace des institutions publiques, etc. Or la conservation de la biodiversité nécessite la coopération sociale, renforcée par l’égalité économique.

    Quels sont les pays les plus touchés ?

    Gregory Mikkelson - Les cas les plus alarmants d’inégalités générant une perte de biodiversité sont les Etats-Unis et le Brésil. Les USA sont le plus inégalitaire des pays riches, et les inégalités ont augmenté lors des dernières décennies. Ils abritent une biodiversité très vulnérable et ses décisions politiques ont joué un rôle dominant dans l’instauration d’une course mondiale aux destructions environnementales. Et dans le pays, ce sont les Etats les plus égalitaires, comme le Wisconsin, qui sont le moins atteints par l’érosion.

    Le Brésil est l’un des pays les plus inégalitaires au monde et plutôt que de résoudre ce problème, il a préféré construire des autoroutes en Amazonie, avec des conséquences planétaires pour la biodiversité et le climat. A l’inverse, la Suède s’en sort bien. Mais nous devons garder à l’esprit qu’aucun pays n’arrive encore à vivre de façon soutenable : tous les pays perdent leur biodiversité. Bien que l’égalité économique réponde en partie au problème, beaucoup doit être fait en plus des réformes économiques pour protéger et restaurer les habitats des espèces sauvages.

    Articles liés :

    - La nature a-t-elle un prix ?

    - A la pêche aux consom’acteurs

    - "Etats-Unis et Brésil : les grands perdants de la biodiversité"

    Selon un article que vous venez de publier (1), la disparition des espèces est statistiquement la plus rapide dans les pays où les inégalités sociales se creusent. Pourquoi ?

    Gregory Mikkelson - Nous avons repris le mécanisme d’une étude bien connue des scientifiques démontrant le lien entre l’égalité économique et la santé publique. Celle-ci suppose des niveaux élevés de coopération dans des sociétés plus égalitaires, elles-mêmes fondées sur des degrés élevés de confiance entre ses membres, ce qui permet un fonctionnement plus efficace des institutions publiques, etc. Or la conservation de la biodiversité nécessite la coopération sociale, renforcée par l’égalité économique.

    Quels sont les pays les plus touchés ?

    Gregory Mikkelson - Les cas les plus alarmants d’inégalités générant une perte de biodiversité sont les Etats-Unis et le Brésil. Les USA sont le plus inégalitaire des pays riches, et les inégalités ont augmenté lors des dernières décennies. Ils abritent une biodiversité très vulnérable et ses décisions politiques ont joué un rôle dominant dans l’instauration d’une course mondiale aux destructions environnementales. Et dans le pays, ce sont les Etats les plus égalitaires, comme le Wisconsin, qui sont le moins atteints par l’érosion.

    Le Brésil est l’un des pays les plus inégalitaires au monde et plutôt que de résoudre ce problème, il a préféré construire des autoroutes en Amazonie, avec des conséquences planétaires pour la biodiversité et le climat. A l’inverse, la Suède s’en sort bien. Mais nous devons garder à l’esprit qu’aucun pays n’arrive encore à vivre de façon soutenable : tous les pays perdent leur biodiversité. Bien que l’égalité économique réponde en partie au problème, beaucoup doit être fait en plus des réformes économiques pour protéger et restaurer les habitats des espèces sauvages.

    Articles liés :

    - La nature a-t-elle un prix ?

    - A la pêche aux consom’acteurs

    - "Etats-Unis et Brésil : les grands perdants de la biodiversité"