Le magazine du développement durable
Lundi 8 septembre 2008

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    Le tour du monde des agrocarburants
    Brésil, Etats-Unis, Europe, Asie : mais qu’est-ce qui fait chalouper les biocarburants. Réponse dans ce petit tour du monde.
    Le 24/05/2007, par Cire , Laure Noualhat

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    Le Brésil roule au rhum

    Le Brésil est le champion incontesté de l’éthanol et ses habitants roulent à l’alcool de canne depuis plus de vingt ans. La moitié du parc automobile est équipée de la technologie flex-fuel (mélange de 20 à 85 % d’éthanol dans l’essence), tout comme 90 % des voitures vendues en 2006 (180 000 véhicules). La canne à sucre recouvre 6 millions d’hectares (dont 3,3 millions réservés à l’éthanol) et les producteurs veulent étendre ces plantations en profitant des 90 millions d’hectares en friche du pays. En 2030, le Brésil pourrait produire 20 % du combustible vert mondial, soit 130 milliards de litres.

    Les Etats-Unis préfèrent le pop-corn

    Les automobilistes américains roulent au pop-corn ! La production d’éthanol a mobilisé 20% du maïs américain en 2006. Mais cette année, les agriculteurs américains vont transformer l’équivalent de la superficie de la Suisse en maïs, en plus des surfaces déjà cultivées. Selon un rapport du département américain de l’Agriculture, la superficie consacrée à cette culture va passer de 31,7 millions d’hectares en 2006 à 36,6 millions cette année. Une progression de plus de 15 %.

    L’Europe reste fan du colza

    A cause du parc automobile, majoritairement composé de véhicules diesel, l’Europe est leader sur la production de diester. En 2005, 2,6 millions d’hectares ont été consacrés à des cultures destinées à fabriquer des agrocarburants. Cette surface se décompose en 2,4 millions d’hectares de cultures dédiées au biodiesel (95 % de colza et 5 % de tournesol) et 0,2 million d’hectares de cultures dédiées au bioéthanol (49 % de blé et 51 % de betterave).

    L’Asie ne va plus aux bois

    Le pétrole végétal d’Asie, issu de l’huile de palme, est encore plus dévastateur que le brut du Nigéria. Selon un rapport de l’ONG Les Amis de la Terre, paru fin 2005 : « On estime qu’entre 1985 et 2000, le dévelopement des plantations de palmiers à huile a été responsable de 87 % de la déforestation en Malaisie. » Les orang-outans en liberté sont voués à disparaître ainsi que les rhinocéros de Sumatra, les tigres, les gibbons et des milliers d’autres espèces. Les agriculteurs assèchent désormais le sol des forêts marécageuses. Mais lorsque les tourbières sèchent, elles s’oxydent et relâchent encore plus de carbone que celui contenu dans les arbres.

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