J’apprécie votre information, en particuliers vos dossiers dont les thèmes tranchent avec le bla bla habituel. Une question néanmoins. Pourquoi ne vous intéressez-vous pas à l’économie de la presse écrite ? Il y a beaucoup de choses à dire aux gens sur l’organisation des centres de profits d’une société de presse écrite aujourd’hui, et vous êtes bien placés, vous qui refusez le système des messageries et la publicité. Le métier de journaliste se précarise, les médias se concentrent, et les sources se tarissent. Or il y a une articulation économique à tout cela. Et tout cela me semble d’actualité, car si l’on évoque ici et là les difficultés d’un titre ("France Soir" et l’"Humanité" couramment), personne ou presque ne sait à quel point la crise des titres de presse est profonde en France, ni à quel point elle affecte la plupart des titres dont l’activité tourne autour du commerce des données personnelles, de la publicité, de l’inflitration des rédactions par des attachées de presse "commerciales", et du pullulement des "voyages de presse". J’ai donc 2 types de questions. Niez vous l’existence de ces voyages de presse, niez vous que les plus grands titres de presse refusent d’acheter les sources d’information à leurs journalistes (hors AP/AFP/Reuters) ou les déplacements dont ils auraient besoin pour enquêter librement, enjoignants les rédacteurs à profiter des voyages organisés par les sociétés à des fins commerciales ? Et si vous ne le niez pas, pourquoi n’allez-vous pas poser ces questions à vos confrères, et pourquoi n’en parlez-vous pas ? Vous savez j’imagine que votre magazine papier vous coûte 2,1% de TVA. Vous savez aussi que le lecteur, l’éditeur, le conservateur doivent s’acquitter de 19,6% pour le même produit s’il est diffusé en électronique. Tout cela na va pas dans le sens de la liberté de l’information scientifique ni de la presse. Alors, qu’attendez-vous pour expliquer l’économie de l’information "low cost" à la papa, financée par la publicité, justifiée par l’abonnement "factice" et la collusion de législateur "low tech" et de journalistes qui "roulent pour le système", les scores minables de la presse en kiosque, le problème des kiosquiers, les NMPP, etc. ? Car habituez un enfant à manger du cheeseburger et rien d’autre, comment pourrait-il apprécier autre chose ? Et c’est éduquer les gens de leur expliquer comment est "fabriquée" l’information qu’on leur propose.
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