Quelques minutes avant l’heure dite, il y avait encore peu de monde sur la place de la Bourse. Il faut dire que la pluie s’était invitée au rendez-vous. C’est au compte-goutte qu’ils ont grimpé les marches du Palais Brongniart. L’un a revêtu un masque à gaz au dessus de son torse nu, tandis que quelques mètres plus loin, une association inscrivait aux bras des volontaires les quelques mots d’un précepte vert : “Recyclez ”, “Éteignez vos appareils électriques...” D’autres ont enfilé des tee-shirts frappés du slogan de l’Ultimatum climatique - une coalition de 11 ONG spécialisées dans la défense de l’environnement, des droits de l’homme ou des plus démunis et réunies pour faire pression sur le gouvernement à l’approche du Copenhague. Plus loin, les militants de 350.org, organisation qui milite pour une baisse de la concentration de CO2 dans l’atmosphère, brandissaient une bannière à leurs couleurs. Dans la foule encore, quelques élus : Denis Baupin ou Anne Hidalgo, adjoints au maire, Yves Contassot, conseiller de Paris.
200 personnes pour cette flashmob (mobilisation éclair), avec un seul objectif : réveiller Nicolas Sarkozy à quelques jours du dernier sommet des chefs d’État européens avant la grande réunion de Copenhague en décembre. “Aujourd’hui les pays occidentaux n’en font pas assez face à la crise climatique. Ce que nous disent les scientifiques c’est qu’il faut réduire d’au moins 40% les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2020. Aujourd’hui, ce que proposent les pays industrialisés c’est entre 10 ou au mieux 18, 19% de réduction de leurs émissions”, s’est inquiété Karine Gavand, responsable de la campagne Climat pour Greenpeace France.
A 12h18 précises, derrière une bannière affirmant qu’"on ne négocie pas avec le climat", tout ce petit monde a fait joyeusement sonner réveils, montres et téléphones portables. Dans un coin du groupe, certains hurlaient même à tue-tête “Nicolas, réveille toi”. Une demie-heure plus tard, sauf quelques retardataires interviewés par la presse, chacun était retourné à son week-end, déjeuner et loisirs en ligne de mire. “On espère que la multiplication de ces événements va faire monter la pression sur Nicolas Sarkozy et lui faire comprendre que les citoyens veulent prendre part à la décision qu’il prendra en notre nom à tous à Copenhague”, a souligné Karine Gavand.
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