Jamais, depuis les 650 000 dernières années, la présence de C02 dans l’atmosphère et le niveau des températures n’ont été aussi élevés. La faute à l’espèce humaine, à sa démographie galopante et au fonctionnement de son économie. Pour convaincre le plus grand nombre de l’urgence dans laquelle se trouve la planète, le réalisateur David Guggenheim se colle aux baskets du candidat démocrate malheureux à l’élection présidentielle américaine de 2000 : Al Gore. Depuis 5 ans, ce natif de Washington court le monde, powerpoint et baguette en bandoulière avec un leitmotiv destiné au grand public et aux dirigeants de notre monde : « nous allons dans le mur. »
« Une vérité qui dérange », rassurons les cinéphiles, ne devrait pas ravir de grand prix de la mise en scène dans les prochains mois. Passons ainsi sur les mimiques d’Al Gore, ses retours larmoyants sur la terre de son enfance et les scènes d’applaudissements à répétition. Non, l’essentiel, définitivement, se trouve ailleurs. A en croire les scientifiques du monde entier, la catastrophe est déjà en marche, même si, prévient le long métrage « il reste à l’espèce humaine 10 ans à peine avant un dérèglement majeur du système climatique entraînant avec lui des perturbations météorologiques extrêmes, des inondations, de longues périodes de sécheresse et des vagues de chaleur meurtrières ».
Compte à rebours
enclenché
Pour étayer son propos, Al Gore enchaîne les statistiques, les courbes aimentées vers le haut, mais sait aussi distiller métaphores et clins d’œil afin d’alléger le contenu du message. Pas de suspense, la recette fonctionne. Le spectateur ressort, jambes tremblantes de la salle obscure, bien décidé à recycler sa machine à laver « classe C », ou à s’intéresser de près au covoiturage.
« Une vérité qui dérange » n’oublie qu’une chose au fond : inviter les scientifiques à la table de sa démonstration. Non pas qu’Al Gore incite de fait à la défiance, mais tout de même : la solidité d’une thèse tient aussi dans la qualité de ses contradicteurs. Et là...
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* David Solon est responsable de la rédaction de Terra Economica
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