En novembre 2008, le Mouvement pour le droit et le respect des générations futures (MDRGF), publiait sur son site les résultats d’une étude sur la présence de pesticides dans les raisins en vente dans 5 pays européens, dont la France. Bilan pour l’Hexagone : 8,5 pesticides par échantillon en moyenne, dont 16% dépassaient les seuils européens.
Mais "a-t-on le droit de dire qu’il y a trop de pesticides dans le raisin ?", s’interroge Rue 89, à l’occasion de l’ouverture du procès pour dénigrement intenté par la Fédération nationale des producteurs de raisin de table (FNPRT). Ce que ces derniers ont du mal à avaler, c’est surtout la manière dont les résultats ont été communiqués : en diffusant des informations sur internet, "une association se comporte comme un média", et se doit du coup d’être "objective", affirme leur avocat, Me Patrick Gontard.
Pour la députée européenne Modem Corinne Lepage, qui défend l’association, la demande de 500 000 euros de dommages et intérêts, soit 5 fois son budget annuel, est surtout "une très forte incitation à ne pas recommencer et à ne pas dire ce qui pourrait gêner tel ou tel intérêt économique". Car sur le fond, "si mettre en lumière des faits avérés, à savoir qu’il y a trop de résidus de pesticides dans les fruits et légumes, c’est du dénigrement, alors le Grenelle de l’environnement qui dit qu’il faut diviser par deux les pesticides, c’est aussi du dénigrement. Et la DGCCRF [1], il faudrait aussi l’assigner pour dénigrement quand elle fait chaque année son bilan sur les résidus de pesticides ?", ironise-t-elle.
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