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9-10-2009

Péage urbain : "Prenons le temps de bien réfléchir"

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3 questions à Louis Nègre, sénateur UMP et auteur de l'amendement sur les péages urbains dans le projet de loi Grenelle II.

Terra eco : pourquoi avez-vous proposé cet amendement ?

Louis Nègre : "Quand on parle de péage, beaucoup pensent taxe. Moi, je n’étais pas pour ou contre. Je suis allé voir à Rome et ailleurs ce que les autres avaient fait. Et j’ai découvert que ces péages pouvaient servir plusieurs objectifs. D’abord, ils permettent de lutter contre la thrombose actuelle des centres urbains et les embouteillages majeurs qui font perdre du temps et gâchent la qualité de vie de ceux qui se déplacent. Ils permettent de réduire la congestion de 15 à 20%. Ils peuvent aussi résorber l’asphyxie physique causée par les voitures en réduisant les émissions de CO2 mais aussi de dioxyde d’azote, les particules fines de 10,15 ou 20%. Or, les études montrent qu’il y a davantage de décès dus à la pollution qu’aux accidents de voiture. C’est un vrai problème de santé publique. Reste un troisième avantage : le péage urbain rapporte de l’argent qui peut servir à améliorer les transports en commun. Quelques petits millions à Milan ou plus de 100 millions à Londres. C’est gagnant, gagnant."

Quelles formes prendront, en France, ces péages urbains ?

"Tout dépend de la culture, de l’histoire, de la topographie d’une ville. C’est pour ça que nous avons laissé beaucoup de liberté dans le texte de la loi. Il y a plusieurs types possibles. Le péage cordon avec des bornes à l’entrée d’un secteur donné, le péage de zone qui consiste à faire payer les automobilistes en fonction du temps passé à l’intérieur d’un périmètre, le péage de réseau qui ne rend payant que les axes très empruntés. En clair, la décision appartiendra à chacun... Mais ce n’est pas vrai de dire qu’il s’agit là d’une taxe sur les pauvres banlieusards qui devront payer pour les riches du centre. C’est trop caricatural. Les gens qui possèdent un véhicule sont capables de payer 4 000, 5 000 euros par an pour son entretien, l’essence, etc. Ce ne sont pas les plus pauvres. Les plus modestes n’ont pas de véhicules. Alors prendre de l’argent sur les automobilistes pour le reverser aux transports en commun peut s’apparenter à une mesure en faveur des plus modestes."

Les péages urbains pourront-ils avoir un réel impact ?

"Il ne faut pas se leurrer, ce n’est pas la panacée universelle. C’est un outil. Ce qu’on constate avant tout c’est que le péage urbain diminue incontestablement les embouteillages. Il fluidifie la circulation y compris celle des transports en commun. Et une bonne preuve de son efficacité, c’est qu’il survit aux changements politiques. A Stokholm, la nouvelle majorité a maintenu le péage. Idem à Londres où Boris Johnson a gardé l’initiative de Ken Livingstone. En France, il faut que nous prenions le temps de bien réfléchir. Une étude d’impact doit être faite en amont à charge et à décharge, en toute transparence. Il n’est pas question de tromper qui que ce soit par une décision prise d’en haut. Sinon, on risquerait de jeter le bébé avec l’eau du bain et c’est un sujet qui mérite mieux."

A lire aussi dans Terra eco :
- Dossier : péages urbains, quelle ville osera la 1ère ?

Sources de cet article
Le rédacteur :
Karine Le Loët
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