Le magazine du développement durable
Mercredi 3 décembre 2008

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    My fracture linguistique is rich
    Devenue l’espéranto des affaires, la langue du prince Charles fait sa loi dans les entreprises. Entretiens d’embauche, courriers électroniques, questionnaires d’évaluation, réunions stratégiques... L’usage systématique de l’anglais frise parfois l’idéologie et se fait au détriment des salariés peu "fluent", qui voient leur carrière stagner. Plus grave : le tout anglais représente une menace objective pour les passagers des compagnies aériennes.
    Le 22/04/2004, par David Garcia , Toad
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    1 Message

    • « My fracture linguistique is rich »

      L’entreprise peut-elle réussir là où l’école a échoué ?

      L’apprentissage de l’anglais est toujours un débat pollué d’avance en France. Dernier vestige des vieilles querelles franco-britannique, ce sujet n’a jamais été abordé de manière objective et pragmatique et la France accuse un retard gigantesque dans la pratique de cette langue devenue depuis des lustres vecteur de communication internationale.

      Toute promotion de l’anglais est vécu ici comme une agression du français. Paradoxe total dans un pays qui est à la fois le pays au Europe où l’on pratique le plus de langues étrangères mais qui affiche les plus piètres scores en terme de pratique de l’anglais (moins de 3% de français sont considérés comme parlant un anglais courant, d’après un dossier du Courrier International sur les langues). La philosophie de votre article, comme tant d’autres sur le sujet (voir l’article « arrogant » de Maurice Druon cette semaine dans le Figaro) montre qu’on en est encore au stade du débat (activité préférée s’il en est en France) et pas encore à celui-de l’action.

      Vous citez un certain Thierry Priestley : « Nous ne sommes pas opposés au principe d’une langue internationale … ». S’agit-il encore d’un principe ? Il me semble plutôt s’agir d’une réalité bien installée à laquelle l’école et l’Education Nationale n’ont pas su nous préparer, tellement empêtrées dans ce débat franco-français de la défense de notre langue nationale (débat intéressant du reste mais qui n’a rien à voir : ce n’est pas en empêchant les français de parler anglais qu’on va forcer les étrangers à parler français ! D’ailleurs la pratique du français dans les écoles à l’étranger affiche de très bon scores).

      Pendant que nos intellectuels et nos politiques débattaient, tergiversaient, discutaient du problème de la rivalité entre le français et l’anglais, le monde s’est ouvert et les entreprises sont devenues internationales, nécessitant une pratique courante d’une langue simple qui permette de communiquer entre différentes entités aux antipodes de la planète. Il est clair que les entreprises françaises, pourtant installées désormais partout, affichent un retard pénalisant en la matière car les gens n’ont pas été formés. Il paraît donc justifié aujourd’hui qu’elles construisent des politiques (peut-être brutales parfois) pour rattraper ce retard.

      Est-il possible qu’un jour, en France, l’apprentissage de l’anglais, à l’école comme dans l’entreprise, ne soit plus envisagé sous un angle négatif mais que l’on considère enfin l’anglais, non comme une langue étrangère mais comme un formidable outil de communication international, de rapprochement entre les peuples et de développement pour tous ? Puisse l’entreprise réussir là où l’école a échoué.

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