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Jeudi 8 janvier 2009

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    Microcosmos
    Le microcrédit est le genre d’idée toute bête qui vous change un peu le monde.
    Le 15/03/2007, par Arnaud Gonzague

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    En France, on n’a pas peur des idéologies. Surtout à gauche. Allez jeter une oreille dans quelques cénacles experts : des principes, des valeurs, vous en entendrez. En revanche, allez à la chasse aux idées concrètes et applicables, votre gibecière risque de rester vide. Heureusement parfois, des libéraux amènent quelques idées à la gauche. Feu James Tobin, à l’origine de la taxe défendue par Attac, n’était pas exactement un gauchiste. Et Maria Nowak, l’importatrice du microcrédit en France non plus. Tant mieux pour les 37 000 emplois que son Adie (Association pour le droit à l’initiative économique) a contribué à créer en vingt ans, sans parler des 300 salariés qu’elle emploie.

    Transformer des exclus en patrons

    Car il fallait être d’un pragmatisme bien sordide pour faire du microcrédit au pays de Jaurès. Pensez, cela revient à créer une « banque de pauvres », qui prête jusqu’à 5 000 euros à des chômeurs et RMIstes. Transformer des exclus en patrons, et pire, leur réclamer des intérêts sur les prêts accordés. Saigner de pauvres victimes du système après les avoir transformées en bourreaux. On suffoque, on blêmit... Oui, on pourrait faire mieux que le microcrédit. Mieux répartir les richesses, interdire les licenciements, supprimer les délocalisations...C’est le problème des pragmatiques : ils n’ont que la réalité à montrer. Et elle fait souvent pâle figure face aux proclamations de ceux qui n’agissent jamais.

    Nous nous contenterons donc de noter que l’Adie a aidé concrètement plusieurs milliers de ceux que nos Idéologues ne croisent jamais (notamment des femmes pauvres). Que ses demandes de remboursement, prétendûment exorbitantes, n’ont pas empêché un taux de recouvrement de... 94 %. Que deux tiers des micro-entrepreneurs de l’Adie sont encore en activité deux ans après avoir lancé leur boîte (moyenne supérieure à la nationale). Enfin, énonce Maria Nowak, que « le coût annuel moyen d’un chômeur est de 18 000 euros contre 2 000 pour l’accompagnement d’un micro-entrepreneur ». Bref, que ça fonctionne. Certes, tout le monde n’a pas l’étoffe pour devenir un patron, même petit. Certes, le microcrédit ne fera pas disparaître 3 millions de chômeurs pas plus qu’il ne sauvera le Tiers-Monde de la misère, puisque l’ambition de Maria Nowak, explique l’auteur, est de mettre le pied à l’étrier à 300 000 individus. Mais ce genre de solution pragmatique doit être accueillie par autre chose qu’une moue dubitative. Voilà pourquoi il faut acheter et lire La Microfinance n’est plus une utopie !

    En France, on n’a pas peur des idéologies. Surtout à gauche. Allez jeter une oreille dans quelques cénacles experts : des principes, des valeurs, vous en entendrez. En revanche, allez à la chasse aux idées concrètes et applicables, votre gibecière risque de rester vide. Heureusement parfois, des libéraux amènent quelques idées à la gauche. Feu James Tobin, à l’origine de la taxe défendue par Attac, n’était pas exactement un gauchiste. Et Maria Nowak, l’importatrice du microcrédit en France non plus. Tant mieux pour les 37 000 emplois que son Adie (Association pour le droit à l’initiative économique) a contribué à créer en vingt ans, sans parler des 300 salariés qu’elle emploie.

    Transformer des exclus en patrons

    Car il fallait être d’un pragmatisme bien sordide pour faire du microcrédit au pays de Jaurès. Pensez, cela revient à créer une « banque de pauvres », qui prête jusqu’à 5 000 euros à des chômeurs et RMIstes. Transformer des exclus en patrons, et pire, leur réclamer des intérêts sur les prêts accordés. Saigner de pauvres victimes du système après les avoir transformées en bourreaux. On suffoque, on blêmit... Oui, on pourrait faire mieux que le microcrédit. Mieux répartir les richesses, interdire les licenciements, supprimer les délocalisations...C’est le problème des pragmatiques : ils n’ont que la réalité à montrer. Et elle fait souvent pâle figure face aux proclamations de ceux qui n’agissent jamais.

    Nous nous contenterons donc de noter que l’Adie a aidé concrètement plusieurs milliers de ceux que nos Idéologues ne croisent jamais (notamment des femmes pauvres). Que ses demandes de remboursement, prétendûment exorbitantes, n’ont pas empêché un taux de recouvrement de... 94 %. Que deux tiers des micro-entrepreneurs de l’Adie sont encore en activité deux ans après avoir lancé leur boîte (moyenne supérieure à la nationale). Enfin, énonce Maria Nowak, que « le coût annuel moyen d’un chômeur est de 18 000 euros contre 2 000 pour l’accompagnement d’un micro-entrepreneur ». Bref, que ça fonctionne. Certes, tout le monde n’a pas l’étoffe pour devenir un patron, même petit. Certes, le microcrédit ne fera pas disparaître 3 millions de chômeurs pas plus qu’il ne sauvera le Tiers-Monde de la misère, puisque l’ambition de Maria Nowak, explique l’auteur, est de mettre le pied à l’étrier à 300 000 individus. Mais ce genre de solution pragmatique doit être accueillie par autre chose qu’une moue dubitative. Voilà pourquoi il faut acheter et lire La Microfinance n’est plus une utopie !

    Le blog d’Arnaud Gonzague

    2 Messages de forum

    • Microcosmos - micropensée ?

      15 mars 2007 10:54, par michel
      Votre enthousiasme est charmant, mais attention aux chiffres : intéressez vous par exemple aux travaux des chercheurs sur le microcrédit, il a d’autres limites que celles que vous avancez : Citation du principal banquier indien engagé dans le microcrédit : > Le crédit est le principal service financier demandé par les pauvres : faux ! De nombreuses études montrent que c’est l’assurance et l’épargne qui sont préférés par les « pauvres » quand on leur laisse le choix > Le crédit se traduit automatiquement en micro-entreprise « successful » : faux ! Le crédit est loin d’être un élément « suffisant » à la mise en place à la réussite d’une microentreprise > Le « pauvre » souhaite développer sa propre activité (self-employment) : faux ! En fait si ces petites activités l’intéressent, c’est plus en complément d’un travail salarié, et c’est plus particulièrement vrai pour les plus pauvres et les « sans-terre » qui sont essentiellement à la recherche d’un emploi sécurisé > La microfinance n’est pas pour ceux qui sont au-dessus du seuil de pauvreté : faux ! En fait c’est le contraire, majoritairement les programmes de microfinance touchent les gens au-dessus de cette ligne, mais comme ce n’est pas l’objectif affiché, on n’analyse pas la question ou l’on fait semblant de ne pas le voir, alors qu’en fait ces clients aident à la « sustainability » de la microfinance > Les institutions de microfinance peuvent arriver à terme à l’équilibre financier : faux ! Une étude de CGAP montre que seule 1 % (100 sur 10 000) institutions sont effectivement à l’équilibre. Par expérience on voit très bien qu’on ne peut pas à la fois servir les pauvres et s’auto-suffire." La Grameen bank était en quasi cessation de paiement en 2002. Et surtout, l’idéologie libérale sous jacente est quand même visible derrière cette mode : l’Etat ne peut pas se dégager de son rôle d’éducation, de protection sociale et de lutte contre la pauvreté avec le dernier "gadget économique" en date.

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      • Macrosubventions non accompagnées 22 mars 2007 10:26, par Neigede coucou
        Je partage les remarques de Michel. ce qui n’enlève rien à ce qui est : le microcrédit peut être un outil permettant à des citoyens exclus du crédit d’y recourir moyennant un accompagnement. Accompagnement qu’on devrait imposer également aux grandes entreprises bénéficiant d’aides publiques même pas remboursables et qui n’en rendent aucun compte...Quand aux idéologues banalisés, n’en sont-ils pas ? L’action n’empêche pas de penser, quand même !

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