Le magazine du développement durable
Mardi 7 octobre 2008

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    Monsanto : les OGM ? Vous en mangerez !
    Monsanto s’est taillée une réputation sulfureuse en tentant de convertir la planète à "l’agriculture OGM". Avec plus ou moins de succès.
    Le 27/10/2005, par Walter Bouvais

    • 3 colonnes
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    • plus

    Jusqu’au milieu des années 90, le nom de Monsanto était quasi-inconnu, à l’exception des agriculteurs et, peut-être, des jardiniers du dimanche utilisateurs du désherbant Roundup. C’est l’entrée dans l’ère des plantes génétiquement modifiées ("PGM"), en 1996, qui propulse Monsanto dans l’arène médiatique.

    Après vingt ans et des millions de dollars de recherches, Monsanto et ses concurrents présentent les PGM comme une nouvelle Révolution verte. Plus résistantes, elles nécessiteraient moins de pesticides. Une fois transformées, elles fourniraient des produits aux vertus nutritives et sanitaires inédites. Mieux, elles aideraient à combattre la faim dans les pays pauvres.

    Mauvaise graine ?

    Mais très vite, Monsanto se heurte aux organisations non gouvernementales qui lui opposent les risques liés aux cultures OGM : pollution génétique, allergies pour les consommateurs, lacunes des tests sanitaires. A ces arguments, se greffe un discours plus politique bâti sur le refus de l’agribusiness, symbolisé par Monsanto et ses graines "Terminator", surnommées ainsi car les plantes issues de leur germination produisent des graines stériles.

    Les agriculteurs doivent donc acheter, chaque année, de nouvelles graines, alors que depuis la nuit des temps (sauf pour le maïs), ils réutilisaient celles de la récolte en cours pour ressemer l’année suivante. De fait, Monsanto veut faire entrer l’agriculture dans l’ère des brevets : pour utiliser ses produits, les paysans devront payer des licences. Les profits escomptés sont considérables.

    La récolte se fait attendre

    Mais l’impact des campagnes anti-OGM est réel. L’Union européenne décide d’un moratoire sur ces organismes (1998). Les consommateurs prennent peur et la grande distribution proscrit de ses rayons les aliments à base d’OGM. En retour, Monsanto multiplie les campagnes de lobbying auprès des élus, avec le soutien de groupes de pression comme BIO (Biotechnology Industry Organization) aux Etats-Unis, Europabio en Europe ou, en France, l’Union des industries de la protection des plantes (UIPP). Monsanto reçoit même l’appui de Michael "Mickey" Kantor, ancien secrétaire d’Etat américain au commerce et membre de son conseil d’administration jusqu’en 2003.

    La planète est encore vierge d’OGM

    Depuis quelques mois, les portes ont fini par s’entrouvrir : en Europe, où le moratoire sur la commercialisation des OGM est levé en 2004 ; en Argentine, au Brésil, en Chine, en Afrique, en Inde, au Japon. Et Monsanto se voit déjà convertir la planète aux OGM. De fait, les surfaces semées de graines génétiquement modifiées par Monsanto croissent aux Etats-Unis (soja, maïs, coton), en Argentine (soja) et, dans une moindre mesure, au Brésil (soja), au Canada (colza) et en Chine (coton). Si bien que Monsanto revendique 79 millions d’hectares cultivés, soit 80% à 90% de la surface totale des "champs OGM" de la planète (octobre 2005).

    Reste un chiffre : 90% des terres cultivées dans le monde n’ont jamais vu le moindre plant OGM. En 2010, ce marché des OGM sera bien loin des 120 milliards de dollars annoncés en 1998 : il ne pesait que 4,5 milliards en 2004. Les rayons des supermarchés attendent toujours les aliments révolutionnaires. Surtout, les OGM n’ont en rien permis d’éradiquer la faim dans le monde. Enfin, plusieurs études publiées ces dernières années (dont celles du chercheur Charles Benbrook) soulignent que certains semis génétiquement modifiés nécessitent l’emploi de davantage de pesticides que les graines conventionnelles. Un bilan mi-figue mi-raisin.

    Toutes les sources :

    Multinationales 2005, Walter Bouvais et David Garcia, Ed. Danger public, 2005

    etcgroup

    Novethic

    Monsanto

    Greenpeace

    L’Expansion


    FICHE D’IDENTITE

    Nationalité : américaine

    Créée en : 1901

    13000 salariés environ dans 51 pays (2004)

    Principaux dirigeants : Hugh Grant, président

    Rémunération annuelle : 2,14 millions de dollars

    Chiffre d’affaires : 6,3 milliards de dollars

    Principaux actionnaires : Fidelity Growth Company Fund, Vanguard Horizon Fund Capital

    Marques principales : Roundup, Harness ; Posilac ; DEKALB, Asgrow, YieldGard ; Micro-Tech, rBGH, rBST, Cereon Genomics

    Principaux concurrents : Syngenta, Bayer, DuPont, Dow, BASF


    ACTIVITE

    Monsanto conçoit et commercialise des produits et services destinés à l’agriculture, et en particulier à l’accroissement des rendements agricoles. L’entreprise Monsanto fournit notamment des semis et des herbicides aux agriculteurs. Ces produits sont également commercialisés sur le marché des particuliers. Monsanto produit et distribue par ailleurs des aliments pour bétail et investit dans la mise au point de plants transgéniques (soja, coton, colza, blé, maïs, tournesol).

    Jusqu’au milieu des années 90, le nom de Monsanto était quasi-inconnu, à l’exception des agriculteurs et, peut-être, des jardiniers du dimanche utilisateurs du désherbant Roundup. C’est l’entrée dans l’ère des plantes génétiquement modifiées ("PGM"), en 1996, qui propulse Monsanto dans l’arène médiatique.

    Après vingt ans et des millions de dollars de recherches, Monsanto et ses concurrents présentent les PGM comme une nouvelle Révolution verte. Plus résistantes, elles nécessiteraient moins de pesticides. Une fois transformées, elles fourniraient des produits aux vertus nutritives et sanitaires inédites. Mieux, elles aideraient à combattre la faim dans les pays pauvres.

    Mauvaise graine ?

    Mais très vite, Monsanto se heurte aux organisations non gouvernementales qui lui opposent les risques liés aux cultures OGM : pollution génétique, allergies pour les consommateurs, lacunes des tests sanitaires. A ces arguments, se greffe un discours plus politique bâti sur le refus de l’agribusiness, symbolisé par Monsanto et ses graines "Terminator", surnommées ainsi car les plantes issues de leur germination produisent des graines stériles.

    Les agriculteurs doivent donc acheter, chaque année, de nouvelles graines, alors que depuis la nuit des temps (sauf pour le maïs), ils réutilisaient celles de la récolte en cours pour ressemer l’année suivante. De fait, Monsanto veut faire entrer l’agriculture dans l’ère des brevets : pour utiliser ses produits, les paysans devront payer des licences. Les profits escomptés sont considérables.

    La récolte se fait attendre

    Mais l’impact des campagnes anti-OGM est réel. L’Union européenne décide d’un moratoire sur ces organismes (1998). Les consommateurs prennent peur et la grande distribution proscrit de ses rayons les aliments à base d’OGM. En retour, Monsanto multiplie les campagnes de lobbying auprès des élus, avec le soutien de groupes de pression comme BIO (Biotechnology Industry Organization) aux Etats-Unis, Europabio en Europe ou, en France, l’Union des industries de la protection des plantes (UIPP). Monsanto reçoit même l’appui de Michael "Mickey" Kantor, ancien secrétaire d’Etat américain au commerce et membre de son conseil d’administration jusqu’en 2003.

    La planète est encore vierge d’OGM

    Depuis quelques mois, les portes ont fini par s’entrouvrir : en Europe, où le moratoire sur la commercialisation des OGM est levé en 2004 ; en Argentine, au Brésil, en Chine, en Afrique, en Inde, au Japon. Et Monsanto se voit déjà convertir la planète aux OGM. De fait, les surfaces semées de graines génétiquement modifiées par Monsanto croissent aux Etats-Unis (soja, maïs, coton), en Argentine (soja) et, dans une moindre mesure, au Brésil (soja), au Canada (colza) et en Chine (coton). Si bien que Monsanto revendique 79 millions d’hectares cultivés, soit 80% à 90% de la surface totale des "champs OGM" de la planète (octobre 2005).

    Reste un chiffre : 90% des terres cultivées dans le monde n’ont jamais vu le moindre plant OGM. En 2010, ce marché des OGM sera bien loin des 120 milliards de dollars annoncés en 1998 : il ne pesait que 4,5 milliards en 2004. Les rayons des supermarchés attendent toujours les aliments révolutionnaires. Surtout, les OGM n’ont en rien permis d’éradiquer la faim dans le monde. Enfin, plusieurs études publiées ces dernières années (dont celles du chercheur Charles Benbrook) soulignent que certains semis génétiquement modifiés nécessitent l’emploi de davantage de pesticides que les graines conventionnelles. Un bilan mi-figue mi-raisin.

    Toutes les sources :

    Multinationales 2005, Walter Bouvais et David Garcia, Ed. Danger public, 2005

    etcgroup

    Novethic

    Monsanto

    Greenpeace

    L’Expansion


    FICHE D’IDENTITE

    Nationalité : américaine

    Créée en : 1901

    13000 salariés environ dans 51 pays (2004)

    Principaux dirigeants : Hugh Grant, président

    Rémunération annuelle : 2,14 millions de dollars

    Chiffre d’affaires : 6,3 milliards de dollars

    Principaux actionnaires : Fidelity Growth Company Fund, Vanguard Horizon Fund Capital

    Marques principales : Roundup, Harness ; Posilac ; DEKALB, Asgrow, YieldGard ; Micro-Tech, rBGH, rBST, Cereon Genomics

    Principaux concurrents : Syngenta, Bayer, DuPont, Dow, BASF


    ACTIVITE

    Monsanto conçoit et commercialise des produits et services destinés à l’agriculture, et en particulier à l’accroissement des rendements agricoles. L’entreprise Monsanto fournit notamment des semis et des herbicides aux agriculteurs. Ces produits sont également commercialisés sur le marché des particuliers. Monsanto produit et distribue par ailleurs des aliments pour bétail et investit dans la mise au point de plants transgéniques (soja, coton, colza, blé, maïs, tournesol).