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Les altermondialistes, mode 1900
La mondialisation, qui met nos sociétés cul par-dessus tête, n’est pas une première dans l’Histoire, nous rappelle Suzanne Berger. Retour en arrière, à l’époque où les banques poussaient les petits épargnants à investir massivement dans la Russie tsariste.
Le 19/12/2003,
par
Arnaud Gonzague
Suzanne Berger, Notre première mondialisation, Leçons d’un échec oublié, Seuil, coll. la République des idées, 98 p., 10,50 euros.
On est stupéfait d’apprendre que "l’internationalisation (...) atteignit dans les domaines du commerce et la mobilité des capitaux, un niveau qu’elle ne retrouverait qu’au milieu des années 80" ! Ou que la France de la Belle Epoque investissait un volume net d’investissement à l’étranger bien supérieur à celui d’aujourd’hui ! Relire comment les banques poussaient les petits épargnants à investir massivement dans la Russie tsariste, dans l’Empire ottoman ou en Argentine, ou comment les premières délocalisations d’entreprise dans des pays à main-d’œuvre peu onéreuse, ont suscité des levées de boucliers, est édifiant. Comprendre les états d’esprit qui régnaient alors est plus difficile. Les partisans libéraux de la mondialisation n’ont pas changé d’un iota, affirme Berger. Mais les opposants si. Et il est vrai que sa comparaison entre antimondialisation d’hier et ceux d’aujourd’hui en pâtit. Car si l’on est sensible à la modernité d’un Jean Jaurès, internationaliste en diable, dénonçant (déjà) "l’internationalisme des obus et des profits", les marottes de la gauche de l’époque, marxiste orthodoxe ou anti-"boches", semblent un peu nébuleuses. Tout au plus note-t-on - avec effroi - que tous les mouvements politiques, de droite comme de gauche, se pensaient protégés des guerres grâce au développement des échanges internationaux. "On pourrait presque dire que l’ère des grandes guerres européennes est close", se réjouit Jules Guesde. C’était en 1899... Suzanne Berger, Notre première mondialisation, Leçons d’un échec oublié, Seuil, coll. la République des idées, 98 p., 10,50 euros.
On est stupéfait d’apprendre que "l’internationalisation (...) atteignit dans les domaines du commerce et la mobilité des capitaux, un niveau qu’elle ne retrouverait qu’au milieu des années 80" ! Ou que la France de la Belle Epoque investissait un volume net d’investissement à l’étranger bien supérieur à celui d’aujourd’hui ! Relire comment les banques poussaient les petits épargnants à investir massivement dans la Russie tsariste, dans l’Empire ottoman ou en Argentine, ou comment les premières délocalisations d’entreprise dans des pays à main-d’œuvre peu onéreuse, ont suscité des levées de boucliers, est édifiant. Comprendre les états d’esprit qui régnaient alors est plus difficile. Les partisans libéraux de la mondialisation n’ont pas changé d’un iota, affirme Berger. Mais les opposants si. Et il est vrai que sa comparaison entre antimondialisation d’hier et ceux d’aujourd’hui en pâtit. Car si l’on est sensible à la modernité d’un Jean Jaurès, internationaliste en diable, dénonçant (déjà) "l’internationalisme des obus et des profits", les marottes de la gauche de l’époque, marxiste orthodoxe ou anti-"boches", semblent un peu nébuleuses. Tout au plus note-t-on - avec effroi - que tous les mouvements politiques, de droite comme de gauche, se pensaient protégés des guerres grâce au développement des échanges internationaux. "On pourrait presque dire que l’ère des grandes guerres européennes est close", se réjouit Jules Guesde. C’était en 1899... |
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