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Le muguet
Le muguet du 1er mai impose un travail de titan. Obtenir la précieuse clochette dans les temps exige un grand savoir-faire et une immense dépense énergétique.
Le 10/03/2007,
par
Cire
,
Johann Fleuri
Une seule erreur, une mauvaise interprétation de la météo scrutée sans relâche et voici trois années de dur labeur ruinées ! Trois années ? Eh oui, gourmand en main-d’œuvre, le muguet, l’est aussi en soins en amont et en ressources énergétiques. Plantés sous forme de « griffes », les petits brins ne fleurissent qu’après deux ans de culture sans récolte. Pendant cette période, il est désherbé, arrosé fréquemment et entretenu à la main, de mars à octobre. Cette année, la période, très sèche jusqu’en juillet 2006, a réclamé un arrosage hebdomadaire. Le reste de l’année a été beaucoup plus pluvieux, donc moins gourmand en arrosage ( 2/3 par mois) : un temps idéal pour une belle clochette qui apprécie l’ombre et la fraîcheur d’un sol humide. Robinet, frigo et camions En octobre, la plante entre en « dormance », c’est à dire qu’elle hiverne, enfouie sous le sable de la Loire. A son réveil, la fleur réclame une fraicheur savamment dosée jusqu’au moment de son éclosion. Elle est donc placée en serre froide artificielle ( 0 °) pour permettre l’enracinement. Ce maintien au frais représente une dépense énergétique considérable. Mais pour respecter le calendrier à la lettre, il convient de jongler avec la météo. Les premières pousses éclosent entre le 10 et le 15 mars. La plante est alors mise sous châssis, à l’ombre, pour optimiser la croissance des brins et la blancheur des clochettes. Mi-avril, la cueillette, la mise en bouquet et le conditionnement commencent. Le muguet prend ensuite la direction du "frigo" pour optimiser la fraîcheur de la plante qui ne vit qu’entre 4 et 5 jours. Où il attendra de quitter le bassin nantais en camions réfrigérés (4 à 5°), le 28 avril. Un voyage pas vraiment écologique mais, à ce jour, la seule solution pour que la clochette n’arrive pas fânée sur les étals. Si les fleurs commencent à éclore au bout de la troisième année, c’est à partir de la quatrième que la culture devient rentable. A la sixième année, les griffes sont arrachées et régénérées, en décembre, avant d’être replantées fin mars et de recommencer un cycle. S’il existe une seule variété de muguet, chaque producteur a sa propre griffe qui est transmise de père en fils : le secret de la clochette, qui fête cette année ses 100 ans à Saint-Sébastien-sur-Loire (44), se garde précieusement.
Une seule erreur, une mauvaise interprétation de la météo scrutée sans relâche et voici trois années de dur labeur ruinées ! Trois années ? Eh oui, gourmand en main-d’œuvre, le muguet, l’est aussi en soins en amont et en ressources énergétiques. Plantés sous forme de « griffes », les petits brins ne fleurissent qu’après deux ans de culture sans récolte. Pendant cette période, il est désherbé, arrosé fréquemment et entretenu à la main, de mars à octobre. Cette année, la période, très sèche jusqu’en juillet 2006, a réclamé un arrosage hebdomadaire. Le reste de l’année a été beaucoup plus pluvieux, donc moins gourmand en arrosage ( 2/3 par mois) : un temps idéal pour une belle clochette qui apprécie l’ombre et la fraîcheur d’un sol humide. Robinet, frigo et camions En octobre, la plante entre en « dormance », c’est à dire qu’elle hiverne, enfouie sous le sable de la Loire. A son réveil, la fleur réclame une fraicheur savamment dosée jusqu’au moment de son éclosion. Elle est donc placée en serre froide artificielle ( 0 °) pour permettre l’enracinement. Ce maintien au frais représente une dépense énergétique considérable. Mais pour respecter le calendrier à la lettre, il convient de jongler avec la météo. Les premières pousses éclosent entre le 10 et le 15 mars. La plante est alors mise sous châssis, à l’ombre, pour optimiser la croissance des brins et la blancheur des clochettes. Mi-avril, la cueillette, la mise en bouquet et le conditionnement commencent. Le muguet prend ensuite la direction du "frigo" pour optimiser la fraîcheur de la plante qui ne vit qu’entre 4 et 5 jours. Où il attendra de quitter le bassin nantais en camions réfrigérés (4 à 5°), le 28 avril. Un voyage pas vraiment écologique mais, à ce jour, la seule solution pour que la clochette n’arrive pas fânée sur les étals. Si les fleurs commencent à éclore au bout de la troisième année, c’est à partir de la quatrième que la culture devient rentable. A la sixième année, les griffes sont arrachées et régénérées, en décembre, avant d’être replantées fin mars et de recommencer un cycle. S’il existe une seule variété de muguet, chaque producteur a sa propre griffe qui est transmise de père en fils : le secret de la clochette, qui fête cette année ses 100 ans à Saint-Sébastien-sur-Loire (44), se garde précieusement.
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