Quels objectifs mondiaux de réduction des émissions ? Doivent-ils être moindre pour les pays en voie de développement ? Qui doit payer pour les conséquences du changement climatique ? Mis en face de responsabilités dignes de chefs d’État, 4 400 "citoyens du monde" ont donné leur vision de l’après-Kyoto.
Pour le Danish Board of Technology, qui organisait l’événement, "le message des citoyens aux négociateurs politiques est clair : nous n’avons plus de temps à perdre !". 90% des personnes interrogées pensent qu’il est "urgent qu’un accord soit trouvé à Copenhague" et la majorité demande aux pays développés d’être les plus ambitieux en matière de réduction des émissions de CO2. 9 citoyens sur 10 plaident en effet pour une réduction d’au moins 25% et près d’un tiers pour une réduction de plus de 40% de émissions d’ici 2020. Et ce ne sont pas les citoyens des pays émergents qui demandent aux pays riches de faire plus : le message des citoyens est invariable, quelle que soit la nationalité des participants.
Plus d’efforts pour les plus riches
Sur la question cruciale de la responsabilité, même les Américains s’accordent à dire qu’elle doit être répartie équitablement : seuls 33% estiment que les objectifs des pays émergents doivent être les mêmes que ceux des pays industrialisés. Même chose en ce qui concerne la mise en place d’un éventuel fonds d’adaptation pour les pays en voie de développement : la plupart des participants penchent pour un financement par tous les pays. 10% pensent même que seuls les pays industrialisés devraient payer.
A croire que le recrutement de ces citoyens a été fait dans les milieux écologistes... Que nenni ! Les ressortissants ont été choisis pour refléter la diversité de leur pays respectif. Cette "Conférence mondiale des citoyens sur le climat" se veut en effet un miroir le plus démocratique possible des attentes mondiales. Ont-ils été influencés par la présentation des enjeux qui leur a été faite, ou par la formulation des questions ? C’est possible, d’autant que les réponses n’engagent personnellement à rien, puisqu’elles restent anonymes. Reste que cette expérience, la première de ce type réalisée à cette échelle, montre aux dirigeants que les écolos ne seront pas les seuls déçus s’ils reviennent bredouilles de Copenhague.
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