- Qu’est-ce qu’une carte carbone ?
Stricto sensu, la "carte carbone" désigne le concept futuriste d’un compte individuel débité en carbone lorsque vous achetez des produits ayant utilisé beaucoup d’énergie ou de matières non renouvelables. Mais en réalité, la carte carbone est une notion générique qui recouvre plusieurs types de dispositifs.
- Lesquels ?
Le premier est celui de la donation. Chaque fois que vous retirez de l’argent avec votre carte bancaire, votre banque reverse un montant à un projet humanitaire ou de développement durable. C’est de cette façon que fonctionne la carte Agir du Crédit Coopératif, seule banque en France à proposer ce type de produits.
Ensuite, il y a le principe de la compensation carbone appliqué aux cartes bancaires. Vous financez un projet environnemental en fonction de l’utilisation que vous faites de votre carte. L’idée étant de compenser l’impact réel de vos achats, mais le problème est que l’on ne peut pas savoir exactement ce que vous achetez, des fraises importées d’Espagne ou un plein de gazole par exemple. Alors on utilise un système de classification par code qui permet de savoir dans quel type de commerce vous vous êtes rendus : à la station service ou au supermarché. En fonction de celui-ci, un forfait de CO2 y est affecté.
Après, il existe des dispositifs de soutien à la consommation durable, type cartes de fidélité. Lors de vos achats, vous obtenez des points qui vous donnent droit à des remises sur des produits de consommation durable. La critique qui est souvent faite à ce type de dispositifs est qu’ils incitent à la consommation. Plus vous dépensez, plus vous obtenez de points. Il existe un second type de "cartes de fidélité" où vous n’obtenez des points que lorsque vous consommez durablement. Ce qui apparaît plus cohérent puisque ça permet d’enclencher un cercle vertueux. Seulement, ce type de dispositifs ne tient pas compte de vos impacts environnementaux.
La "vraie" carte carbone, elle, en tient compte. C’est la logique des quotas de CO2 déclinée aux particuliers. Vous avez un budget carbone à respecter. Ainsi, cela fixe une limite chiffrée aux émissions individuelles. Mais cela pose un problème de surveillance des émissions et suppose un affichage du score carbone des produits. Mais on avance sur cette question de l’étiquetage environnemental des produits. Dans un premier temps, ce système de quotas pourrait être appliqué aux secteurs de l’habitat et des transports, puis dans un second temps, au secteur alimentaire.
- Toute la question est de savoir si les particuliers sont prêts à se soumettre à un système contraignant...
Dans le rapport, nous faisons la recommandation d’un système hybride, une possible cinquième voie qui n’oblige pas à se soumettre à un budget contraignant. L’idée est est celle d’un "bonus-malus" individuel. De la même manière que les quotas, il consiste à fixer une limite chiffrée aux émissions individuelles. Mais la différence tient à ce que ce dispositif n’implique pas d’allouer des "budgets carbone" à chaque personne. Les émissions sont comptabilisées en fonction des achats, dont la teneur en carbone est enregistrée par la carte. Un bonus est octroyé lorsque les émissions sont en-dessous de la limite. Un malus peut éventuellement s’appliquer en fonction des émissions excédentaires. Pour les transports par exemple, les achats de carburant seraient comptabilisés, ce qui peut créer une incitation à se tourner vers les véhicules les moins consommateurs d’énergie fossile.
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