Le magazine du développement durable
Lundi 12 mai 2008





    L’objet "qui tue" : cette semaine, le cercueil
    Le 31/10/2007, par David Solon

    • 3 colonnes
    • moins
    • plus

    Du carton recyclé, des colles végétales et des peintures à l’eau. Le cercueil écologique existe. Problème : pour trouver, acheter et utiliser ce produit, il faut traverser les frontières. La Belgique, la Suisse, ou la Grande-Bretagne en sont notamment friandes. La France, elle, a pour ainsi dire laissé couler une chape de plomb sur le dossier. Raison officielle : des problèmes qui surviennent lors de la crémation, difficilement vérifiables.

    Dommage. Car les cercueils "verts" valent vraiment le coup. Respectueux de l’environnement, ces produits coûtent aussi moins cher qu’un cercueil traditionnel. Et ça, les sociétés de pompes funèbres n’apprécient pas trop.

    Car le marché du funéraire pèse lourd. 540 000 Français passent chaque année l’arme à gauche. Des décès qui génèrent près de 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires par an. Pas question donc de laisser filer des recettes ou de froisser l’industrie du bois. Chez PFG, numéro un du secteur avec plus de 20 % de parts de marché, on préfère d’ailleurs botter en touche. « Pourquoi nous n’utilisons pas de carton recyclé ? Parce que nous ne saurions pas le faire en interne et qu’il faudrait délocaliser nos usines à l’étranger », affirme-t-on à la communication du groupe.

    Le bois a donc la vie dure. Les essences privilégiées sont le sapin, le hêtre, ou le frêne, tous en provenance directe de nos forêts. Mais les fabricants de cercueils ont également recours à des bois rares et précieux, comme l’acajou ou le santal, qui parcourent des milliers de kilomètres pour finir dans nos cimetières. Pour Michel Kawnick, président de l’association française d’information funéraire (Afif), c’est « une vraie aberration écologique. Les technologies et le savoir-faire existent, il est ridicule de ne pas en faire profiter la planète », poursuit le bouillant responsable.

    A défaut de cercueil en carton, peut-être serait-il plus « responsable » de privilégier la crémation. Si les Français étaient en retard sur le sujet (0,4 % en 1975), ils ont en tout cas fait volte-face (28 % aujourd’hui). Précision d’importance tout de même : la réglementation française prévoit que l’incinération du corps se fasse obligatoirement à l’intérieur d’un cercueil. Le résultat revient donc au même. Consumé à plus de 800 degrés pendant une durée de 90 minutes, le cercueil part en fumées, plus ou moins toxiques selon la quantité de peintures ou de vernis présente sur l’objet. Deux alternatives figurent donc au menu. L’immortalité – pas encore téléchargeable sur le Net – ou le cercueil à la Lucky Luke. Quatre planches de sapin, pas de colle, pas de vernis, aucune peinture, histoire de partir en toute sobriété.


    - Découvrez le cercueil en vidéo

    Du carton recyclé, des colles végétales et des peintures à l’eau. Le cercueil écologique existe. Problème : pour trouver, acheter et utiliser ce produit, il faut traverser les frontières. La Belgique, la Suisse, ou la Grande-Bretagne en sont notamment friandes. La France, elle, a pour ainsi dire laissé couler une chape de plomb sur le dossier. Raison officielle : des problèmes qui surviennent lors de la crémation, difficilement vérifiables.

    Dommage. Car les cercueils "verts" valent vraiment le coup. Respectueux de l’environnement, ces produits coûtent aussi moins cher qu’un cercueil traditionnel. Et ça, les sociétés de pompes funèbres n’apprécient pas trop.

    Car le marché du funéraire pèse lourd. 540 000 Français passent chaque année l’arme à gauche. Des décès qui génèrent près de 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires par an. Pas question donc de laisser filer des recettes ou de froisser l’industrie du bois. Chez PFG, numéro un du secteur avec plus de 20 % de parts de marché, on préfère d’ailleurs botter en touche. « Pourquoi nous n’utilisons pas de carton recyclé ? Parce que nous ne saurions pas le faire en interne et qu’il faudrait délocaliser nos usines à l’étranger », affirme-t-on à la communication du groupe.

    Le bois a donc la vie dure. Les essences privilégiées sont le sapin, le hêtre, ou le frêne, tous en provenance directe de nos forêts. Mais les fabricants de cercueils ont également recours à des bois rares et précieux, comme l’acajou ou le santal, qui parcourent des milliers de kilomètres pour finir dans nos cimetières. Pour Michel Kawnick, président de l’association française d’information funéraire (Afif), c’est « une vraie aberration écologique. Les technologies et le savoir-faire existent, il est ridicule de ne pas en faire profiter la planète », poursuit le bouillant responsable.

    A défaut de cercueil en carton, peut-être serait-il plus « responsable » de privilégier la crémation. Si les Français étaient en retard sur le sujet (0,4 % en 1975), ils ont en tout cas fait volte-face (28 % aujourd’hui). Précision d’importance tout de même : la réglementation française prévoit que l’incinération du corps se fasse obligatoirement à l’intérieur d’un cercueil. Le résultat revient donc au même. Consumé à plus de 800 degrés pendant une durée de 90 minutes, le cercueil part en fumées, plus ou moins toxiques selon la quantité de peintures ou de vernis présente sur l’objet. Deux alternatives figurent donc au menu. L’immortalité – pas encore téléchargeable sur le Net – ou le cercueil à la Lucky Luke. Quatre planches de sapin, pas de colle, pas de vernis, aucune peinture, histoire de partir en toute sobriété.


    - Découvrez le cercueil en vidéo

    9 Messages de forum

    • L’objet "qui tue" : cette semaine, le cercueil

      2 novembre 2007 07:08, par toto

      C’est faux ! Hier, sur France Info (le 01/11/2007), j’ai entendu une interview d’un fabriquant français de cercueils en carton !

      Voyez avec France info pour récupérer l’adresse du type. Ca a l’air plutôt intéressant.

      Répondre à ce message

      • L’objet "qui tue" : cette semaine, le cercueil 2 novembre 2007 16:16, par simonne seuron

        Je suis journaliste et j’ai également entendu la même chose que vous. Ce matin en écoutant euros news, évidemment à 6 heures, j’ai entendu la même chose, en plus j’ai même vu une photo assez sympa et il me semble qu’il existe un fabricant en Belgique ou dans le Nord de la France.

        Je voudrais écrire un article. voici mon mail : simonneseuron@wanadoo.fr

        Si je recueille des infos, je vous les ferai parvenir. Merci d’avance.

        Répondre à ce message

        • L’objet "qui tue" : cette semaine, le cercueil 2 novembre 2007 18:48, par David Solon

          Les cercueils fabriqués en carton recyclé ne sont, à ma connaissance, pas commercialisés en France. Une association du Pas de Calais baptisée Ca cartonne a, il est vrai, mis au point un prototype. Mais il n’est pas encore disponible.

          En revanche, ce type de produit, comme il est indiqué dans l’article, est très prisé chez nos voisins (Suisse, Belgique, Pays-Bas, Royaume Uni, Finlande...).

          David Solon Directeur de la rédaction du magazine Terra Economica

          Répondre à ce message

    • L’objet "qui tue" : cette semaine, le cercueil

      6 novembre 2007 20:39, par Chris Vermeulen

      Bonjours, Chris Vermeulen, je suis le concepteur du cercueil en carton. J’ai fondé une association "Ca cartonne" dans le Nord de la France en février 2006. Notre activité a commencé par le meuble en cartons. En septembre 2007, nous avons été primé médaille d’argent au concour Lépine. Le but de l’association étant de basculé en entreprise d’insertion et étant très interressé par le recyclage, j’ai donc mis au point le concept du cercueil en carton destiné exclusivement à la crémation. Le carton étant creux, la prise d’air accélére la combustion, ce qui réduit concidérablement les rejets dans l’atmosphére. De plus, ces tubes en cartons sont récupérés dans les entreprises, qui eux doivent payés pour les recyclés. Avec mon association, nous les récupérons gratuitement. Le concept est actuellement en demande d’agrément national. Nous avons déposé un brevet à l’INPI de Lille. Je cherche des soutients par mail. Si vous souhaitez plus d’information, des photos ou autres, veillez me contacter : MAIL : ca-cartonne@wanadoo.fr TEL : 0321346016 (le matin)

      Chris Vermeulen

      Répondre à ce message

    • Le cercueil en cartons existe bel et bien en france, le représentant de l’afif qui est apparemment bouillant ferait mieux de revoir ses sources ......

      Répondre à ce message