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22-05-2009

Dominique Baudis (UMP) : "Il ne faut pas accepter le dumping écologique"

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Dominique Baudis, tête de liste Sud-Ouest de l'Union pour une majorité populaire (UMP), pour les élections européennes du 7 juin prochain.

Biographie express : ex-journaliste, l’homme a présenté le JT de TF1 puis de France 3 jusqu’en 1981 avant de se lancer dans la politique. Elu maire de Toulouse en 83, il décroche un siège au parlement européen un an plus tard. Avant de mettre entre parenthèses sa carrière politique en 2001 pour devenir président du CSA. Président de l’Institut du monde arabe depuis 2007, il renoue aujourd’hui avec la politique.

Terra eco : A quelques mois du sommet de Copenhague, quel rôle doit, à votre avis, jouer l’Europe dans la lutte contre le réchauffement climatique ? Quels objectifs s’est fixé votre parti ?

Dominique Baudis : A Copenhague, l’UE va arriver avec des propositions ambitieuses. Grâce à l’adoption, au mois de décembre, du paquet "énergie-climat" fondé sur 3 chiffres principaux : une efficacité énergétique améliorée de 20%, des émissions de gaz à effet de serre réduites de 20% et une part de 20% d’énergies renouvelables dans la consommation énergétique. Des objectifs ambitieux adoptés à l’unanimité sous présidence française de l’UE. Dans la semaine qui précédait la réunion, je lisais, j’entendais partout qu’un tel accord serait impossible, qu’il y avait trop d’opinions divergentes. Or, on y est parvenu. Cela donne à l’Europe une position forte. Reste maintenant à convaincre les autres pays.

Quelles sont à votre avis les priorités en matière de transports, un des secteurs qui émet le plus de gaz à effet de serre et dans lequel les projets de manquent pas (TGV européen, ferroutage, autoroutes de la mer) ?

Dans le Sud-Ouest, il y a un développement – lent mais reél - du réseau européen sur deux axes. Le long du littoral atlantique et le long du littoral méditerranéen. C’est un point essentiel en matière de développement durable. Les gens sont prêts à laisser leurs voitures au garage ou à moins les utiliser à condition qu’il existe des solutions alternatives. Sur le dossier du transport aérien, ce qu’il faut faire c’est travailler à améliorer la fluidité du trafic sur les aéroports européens. Sur un vol européen, la moitié du carburant est consommé alors que l’avion est au sol ou en procédure d’approche. C’est là-dessus qu’il faut travailler. Car sur le sujet des extensions des aéroports, il est difficile d’appliquer une règle à toute l’Europe. Certains territoires ont besoin d’être désenclavés. C’est comme pour l’automobile, on ne peut pas dire demain qu’on ne construira plus de routes ou d’autoroutes.

Défendez-vous la mise en place de nouvelles taxes au niveau européen pour soutenir un développement plus durable (taxe carbone, TVA sur les produits verts...) ?

Il ne faut pas accepter le dumping écologique. Dans le commerce mondial, on ne peut pas mettre sur pied d’égalité des produits fabriqués de manière propre et donc coûteuse et des produits fabriqués avec des émissions massives mais qui coûteront moins cher aux consommateurs. Il faut que la taxe carbone puisse s’appliquer à ces produits. Sinon, on pénalise les petits producteurs. La TVA réduite sur les produits verts ? Je pense que c’est une bonne chose mais vous savez qu’il faut l’unanimité en Europe sur les questions de fiscalité. Je ne peux pas m’engager à faire passer une TVA verte si je suis élu. Mais je militerai pour qu’on y arrive.

Comment doivent évoluer les rapports Nord/Sud et quelle doit être la politique d’immigration de l’Europe ?

Il faut qu’on s’engage de façon plus forte mais surtout il faut le faire plus rationnellement afin que les crédits de l’aide au développement soient bien utilisés. Il faut prendre exemple sur l’Union pour la Méditerranée et adopter des critères d’évaluation d’efficacité de dépense. Sur la politique d’immigration, depuis novembre dernier, il y a un accord unanime obtenu sous la présidence française. C’est le pacte sur l’immigration et l’asile. Mais quand il n’y a pas de concertation du pays de départ et du pays d’accueil, quand on n’évalue pas les capacités d’accueil de l’Etat qui va recevoir le migrant, ni ses besoins, c’est l’anarchie générale. Avoir une politique commune c’est déjà un grand pas. Maintenant, il faut l’appliquer en relation avec les pays de départ. Pour que les migrants ne soient pas broyés par la machine effroyable qu’est l’immigration illégale.

La crise que nous traversons a montré l’importance d’une politique économique concertée. L’UE doit-elle réguler davantage les systèmes financiers ? Comment peut-elle y parvenir ?

Oui. L’UE doit réguler le capitalisme financier. L’économie est le seul domaine qui échappe à toute transparence. Quand vous acheter une tranche de veau, vous connaissez le nom et quasiment la couleur des yeux de la vache dont la viande provient. Mais lorsque vous mettez 1000 euros dans une banque, vous ne savez pas où ils sont investis. Même la banque ne le sait pas forcément. Il ne s’agit pas de faire de l’Etat un entrepreneur mais un régulateur. Imposer la transparence et des règles pour protéger les citoyens.

Qu’est ce qui fait le point fort de votre parti à ces élections ?

Notre projet s’appuie sur une expérience réussie de la présidence française de l’UE. Aujourd’hui l’Europe est une grande puissance économique et commerciale mais c’est un nain politique. Pourtant, quand elle est bien menée, elle joue pleinement son rôle. Quand l’armée russe a pénétré en Géorgie, la présidence française a obtenu un cessez-le-feu et a sauvé ce jeune Etat. Au début de la crise, cette même présidence française a réuni l’Europe pour lancer l’initiative G20. La force de notre démarche s’appuie sur des expériences réussies.

Les principaux points du programme de l’UMP et du PPE (Parti populaire européen, groupe de l’UMP) en matière de développement durable :

- Doublement du budget européen à travers un grand emprunt (l’UMP rejette le recours à une taxe européenne pour financer le budget)
- Des transports mutualisés et une énergie achetée en commun
- Des incitations fiscales pour les rénovations de bâtiments, l’achat de véhicules et d’appareils à haute efficacité énergétique
- Un renforcement du système européen de supervision financière et une meilleure coordination des politiques de régulation dans l’Eurozone
- Un accroissement des investissements dans la R&D sur les technologies propres comme la capture et le stockage du carbone ou les biocarburants.
- La mise à disposition des utilisateurs de compteurs intelligents pour qu’ils puissent mieux maîtriser leur énergie.

Sources de cet article

Le programme de l’UMP
Le programme du PPE

Crédit photo : ©UMP

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