Le magazine du développement durable
Mardi 7 octobre 2008

oublié ?
2. Déchets : 3 longueurs derrière l’Allemagne - L’année des anti-méduses - L’Europe de plus en plus radioactive - Des chèvres terrassent les hommes - La ruée vers les déchets - Mon vélo est en carton - 9. Energie : l’éolien manque de souffle - Une deuxième vie dans le bidonville de Dharavi - 5. Eau : moins de poissons, plus de PCB - La filière bois sauve à peine les meubles - Le skate du Graal - La France aux bois dormants - 2008 : le 1er "choc écologique" - Poubelles finlandaises et bonnes manières - Chine : la fin d’une vedette américaine ? - Le litre de lait - 11. Pauvreté, bilan médiocre - Au pays des mégalopoles - 4. Transports : vive l’autoroute ! - Ello Mobile, le coeur sur le combiné - Des ingénieurs fous de graisse - 3. Fiscalité verte : bonus malus minus... - « Nos dirigeants ne perçoivent pas l’immensité du danger » - Le burger qui nettoie les estomacs - Ballon d’oxygène - Le petit ruisseau des grandes rivières - Barack ou John, qui a la main la plus verte ? - La publicité entre en religion - Les deux fous de la poubelle - 8. Bâtiment : sus aux poubelles énergétiques - Le pape espère un cadeau du ciel - 10. Air : la France en manque d’oxygène - Grenelle : ça démarre quand ? - Le banquier des choses sales - La Russie, pieuvre énergétique - L’Australie a le sang chaud - Une réinsertion toute naturelle - France : la récup version réinsertion - 7. Biodiversité : sols en danger - 6. Industrie : réveil tardif sur REACH




    Globe-penseur
    Le 28/05/2008, par Arnaud Gonzague

    • 3 colonnes
    • moins
    • plus

    Dans un excellent sketch du SAV des émissions d’Omar et Fred (Canal +), Omar constate que 94 % des Français redoutent l’inflation. « Mais, s’interroget- il, est-ce que 94 % savent vraiment ce qu’est l’inflation ? » « Allons, allons, répond Fred, bien entendu… » « Ah oui, alors c’est quoi ? » Et là, Fred, dans un élan de panique, raccroche le combiné. La mondialisation, c’est un peu la même chose : tout le monde a une idée de ce qu’elle représente – et surtout, a une opinion à son sujet – mais, au fond, bien peu sont capables de dépasser les approximations. Extension des échanges commerciaux mondiaux, explosion des délocalisations, mouais…

    En lisant La Mondialisation démystifiée, on se dit qu’un cours de mondialisation ne serait pas inutile dès le lycée. Car, plus encore que nous, nos enfants devront penser mondial. C’est-à-dire complexe souvent, barbant parfois, mais toujours riche. Comme le livre de Benoît Chervalier, en somme. Il ne suffit pas de savoir situer Dakar sur une mappemonde ou de reconnaître la barbe de Lula pour comprendre ce phénomène multiforme. Il faut habiter vraiment dans un village composé de 6 milliards d’autochtones. Mais qui, en France, est capable de dire si les habitants de Bali pensent du bien ou du mal de la globalisation ? De répondre à la question : l’Afrique va-telle mieux ou moins bien depuis 2000 ?

    De comprendre pourquoi la grande pauvreté du tiers monde recule alors que les inégalités explosent ? De trancher si le monde s’américanise ou se sinise ? Personne, ou presque. Or nos enfants devront faire tomber les frontières mentales pour s’atteler à une tâche inédite dans l’Histoire : créer une vraie gouvernance mondiale. Mais chaque pays aura-t-il voix au chapitre ou faudra-t-il créer de grands ensembles qui parleront d’une seule voix ?

    Est-ce la démographie ou le PIB qui déterminera le poids électoral dans les votes mondiaux ? Autant de questions qui nous passent actuellement trois coudées au-dessus de la tête, et auxquelles un livre fourretout comme La Mondialisation démystifiée ne répond que très partiellement. Ah, nous aurons l’air fin quand nos enfants nous demanderont : « Dis papa, comment, techniquement, exporter les 35 heures à Kuala Lumpur ? »—

    Dans un excellent sketch du SAV des émissions d’Omar et Fred (Canal +), Omar constate que 94 % des Français redoutent l’inflation. « Mais, s’interroget- il, est-ce que 94 % savent vraiment ce qu’est l’inflation ? » « Allons, allons, répond Fred, bien entendu… » « Ah oui, alors c’est quoi ? » Et là, Fred, dans un élan de panique, raccroche le combiné. La mondialisation, c’est un peu la même chose : tout le monde a une idée de ce qu’elle représente – et surtout, a une opinion à son sujet – mais, au fond, bien peu sont capables de dépasser les approximations. Extension des échanges commerciaux mondiaux, explosion des délocalisations, mouais…

    En lisant La Mondialisation démystifiée, on se dit qu’un cours de mondialisation ne serait pas inutile dès le lycée. Car, plus encore que nous, nos enfants devront penser mondial. C’est-à-dire complexe souvent, barbant parfois, mais toujours riche. Comme le livre de Benoît Chervalier, en somme. Il ne suffit pas de savoir situer Dakar sur une mappemonde ou de reconnaître la barbe de Lula pour comprendre ce phénomène multiforme. Il faut habiter vraiment dans un village composé de 6 milliards d’autochtones. Mais qui, en France, est capable de dire si les habitants de Bali pensent du bien ou du mal de la globalisation ? De répondre à la question : l’Afrique va-telle mieux ou moins bien depuis 2000 ?

    De comprendre pourquoi la grande pauvreté du tiers monde recule alors que les inégalités explosent ? De trancher si le monde s’américanise ou se sinise ? Personne, ou presque. Or nos enfants devront faire tomber les frontières mentales pour s’atteler à une tâche inédite dans l’Histoire : créer une vraie gouvernance mondiale. Mais chaque pays aura-t-il voix au chapitre ou faudra-t-il créer de grands ensembles qui parleront d’une seule voix ?

    Est-ce la démographie ou le PIB qui déterminera le poids électoral dans les votes mondiaux ? Autant de questions qui nous passent actuellement trois coudées au-dessus de la tête, et auxquelles un livre fourretout comme La Mondialisation démystifiée ne répond que très partiellement. Ah, nous aurons l’air fin quand nos enfants nous demanderont : « Dis papa, comment, techniquement, exporter les 35 heures à Kuala Lumpur ? »—