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Curriculum non vitae
Le 02/10/2008,
par
Arnaud Gonzague
Sur cette trame, Joachim Zelter aurait pu tisser une aimable parodie de Full Metal Jacket ou un plaidoyer pénible. Mais il opte pour la méthode chirurgicale façon Cronenberg, décortiquant à froid le discours de nos décideurs : « Durant toute l’histoire de l’humanité, le travail était une donnée a priori. Pendant des millénaires, il a accompagné, assiégé, poursuivi les hommes. Ces dernières années, les choses ont changé. Le travail ne poursuit plus. C’est nous qui le poursuivons. » Dans un contexte aussi darwinien, seuls les plus aptes pourront survivre. Ceux qui savent correctement lire les petites annonces pour traquer l’employeur potentiel, réécrire leurs CV en s’inventant des destins ronflants conformes aux attentes d’un DRH – « Aucune de vos vérités ne vous donnera un travail. Aucune ! ». Passer dans les rang des gagnants, c’est une question d’envie, de motivation, d’efforts. Petit à petit, la réalité de Sphericon devient inquiétante. Si les grilles de l’école semblent s’orner de barbelés, si les entretiens d’embauche se griment en interrogatoires de la Gestapo, si les étudiants sceptiques s’apparentent à d’indésirables dégénérés, ce n’est pas exactement un effet du hasard. « Ne pas pouvoir épargner de nécessaires douleurs à ceux qui sont en échec, c’est notre devoir »… On ne racontera pas la fin de cette mécanique de précision, mais elle achève de mettre le lecteur knock-out et fait de ce roman l’une des belles réussites de cette rentrée. Vous ne regarderez plus jamais votre CV de la même manière. — Joachim Zelter – CHÔMEURS ACADEMY. Autrement (août 2008), 153 pp., 15 euros.
Sur cette trame, Joachim Zelter aurait pu tisser une aimable parodie de Full Metal Jacket ou un plaidoyer pénible. Mais il opte pour la méthode chirurgicale façon Cronenberg, décortiquant à froid le discours de nos décideurs : « Durant toute l’histoire de l’humanité, le travail était une donnée a priori. Pendant des millénaires, il a accompagné, assiégé, poursuivi les hommes. Ces dernières années, les choses ont changé. Le travail ne poursuit plus. C’est nous qui le poursuivons. » Dans un contexte aussi darwinien, seuls les plus aptes pourront survivre. Ceux qui savent correctement lire les petites annonces pour traquer l’employeur potentiel, réécrire leurs CV en s’inventant des destins ronflants conformes aux attentes d’un DRH – « Aucune de vos vérités ne vous donnera un travail. Aucune ! ». Passer dans les rang des gagnants, c’est une question d’envie, de motivation, d’efforts. Petit à petit, la réalité de Sphericon devient inquiétante. Si les grilles de l’école semblent s’orner de barbelés, si les entretiens d’embauche se griment en interrogatoires de la Gestapo, si les étudiants sceptiques s’apparentent à d’indésirables dégénérés, ce n’est pas exactement un effet du hasard. « Ne pas pouvoir épargner de nécessaires douleurs à ceux qui sont en échec, c’est notre devoir »… On ne racontera pas la fin de cette mécanique de précision, mais elle achève de mettre le lecteur knock-out et fait de ce roman l’une des belles réussites de cette rentrée. Vous ne regarderez plus jamais votre CV de la même manière. — Joachim Zelter – CHÔMEURS ACADEMY. Autrement (août 2008), 153 pp., 15 euros.
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