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Climat : et si le ciel nous tombait sur la tête (épisode 4)
Le 19/08/2007,
par
Collectif Argos (Photo)
,
Walter Bouvais
C’est le prix à payer pour une agriculture 100% biologique. Car l’utilisation des engrais a été proscrite - leur fabrication nécessitait trop d’énergie - et celle des pesticides est contingentée. Des armées d’ouvriers agricoles et d’ingénieurs agronomes ont été affectées aux champs, tant la tâche est complexe : il faut surveiller en permanence tous les indicateurs, l’évolution des parasites. Et quand l’un d’entre eux prolifère, c’est le branle-bas de combat. L’agriculture est aussi un motif de préoccupation pour Amplema. A 5000 kilomètres de Londres, depuis sa hutte accrochée à la falaise de Bandiagara, le chef du village de Banani (Mali) balaie du regard cette terre ocre où plus rien ne pousse. La vallée autrefois verdoyante pendant la saison des pluies a laissé la place, voilà une vingtaine d’années, à une piste d’aviation. Depuis, l’eau vient toujours du ciel, mais elle n’arrive plus qu’à bord de conteneurs que les cargos des Nations unies affrètent une fois par mois. Tout juste de quoi survivre et élever quelques légumes chétifs. Visa de réfugié climatique Du peuple dogon, il ne reste qu’un petit millier de représentants. Poussés par la sécheresse et son lot de famines et d’épidémies, la plupart des villageois a pris la route du nord : Mopti, Tombouctou, la Mauritanie. Les plus courageux se sont lancés en famille, à pied ou à dos de mulet, dans un périple de plusieurs années vers le Maroc et l’Europe. D’autres ont jeté leur dévolu sur le sud, plus accessible : Côte d’Ivoire, Ghana, Liberia. Quelle que soit leur destination, Amplema le sait, ces exilés ne trouvent au bout de leur route, s’ils y parviennent, qu’un des innombrables camps de réfugiés plantés aux frontières de l’Europe. Dans ces villes de toile en proie aux violences et à la maladie, ils errent en quête d’un improbable visa de réfugié climatique. En cette fin d’année 2043, le Haut Commissariat aux réfugiés (HCR) recense près de 100 millions de réfugiés dans les camps disséminés sur la planète. Au nord du continent africain, ils recueillent les exilés d’Afrique subsaharienne fuyant la fournaise, et les riverains du Nil chassés par les inondations. En Asie, la famine qui frappe ce qu’il reste des terres du Bangladesh, empoisonnées par les incursions salines de l’Océan indien, a elle aussi jeté sur les routes des millions de réfugiés... C’est le prix à payer pour une agriculture 100% biologique. Car l’utilisation des engrais a été proscrite - leur fabrication nécessitait trop d’énergie - et celle des pesticides est contingentée. Des armées d’ouvriers agricoles et d’ingénieurs agronomes ont été affectées aux champs, tant la tâche est complexe : il faut surveiller en permanence tous les indicateurs, l’évolution des parasites. Et quand l’un d’entre eux prolifère, c’est le branle-bas de combat. L’agriculture est aussi un motif de préoccupation pour Amplema. A 5000 kilomètres de Londres, depuis sa hutte accrochée à la falaise de Bandiagara, le chef du village de Banani (Mali) balaie du regard cette terre ocre où plus rien ne pousse. La vallée autrefois verdoyante pendant la saison des pluies a laissé la place, voilà une vingtaine d’années, à une piste d’aviation. Depuis, l’eau vient toujours du ciel, mais elle n’arrive plus qu’à bord de conteneurs que les cargos des Nations unies affrètent une fois par mois. Tout juste de quoi survivre et élever quelques légumes chétifs. Visa de réfugié climatique Du peuple dogon, il ne reste qu’un petit millier de représentants. Poussés par la sécheresse et son lot de famines et d’épidémies, la plupart des villageois a pris la route du nord : Mopti, Tombouctou, la Mauritanie. Les plus courageux se sont lancés en famille, à pied ou à dos de mulet, dans un périple de plusieurs années vers le Maroc et l’Europe. D’autres ont jeté leur dévolu sur le sud, plus accessible : Côte d’Ivoire, Ghana, Liberia. Quelle que soit leur destination, Amplema le sait, ces exilés ne trouvent au bout de leur route, s’ils y parviennent, qu’un des innombrables camps de réfugiés plantés aux frontières de l’Europe. Dans ces villes de toile en proie aux violences et à la maladie, ils errent en quête d’un improbable visa de réfugié climatique. En cette fin d’année 2043, le Haut Commissariat aux réfugiés (HCR) recense près de 100 millions de réfugiés dans les camps disséminés sur la planète. Au nord du continent africain, ils recueillent les exilés d’Afrique subsaharienne fuyant la fournaise, et les riverains du Nil chassés par les inondations. En Asie, la famine qui frappe ce qu’il reste des terres du Bangladesh, empoisonnées par les incursions salines de l’Océan indien, a elle aussi jeté sur les routes des millions de réfugiés... A lire aussi sur le thème du changement climatique : Petit abécédaire d’une révolution climatique Que faire ? 10 petits trucs à savoir, à faire et à faire savoir Mieux comprendre le changement climatique Le dossier de Terra Economica consacré à la "Révolution climatique" |
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