Au terme d’une visite éclair à Pékin pour préparer le sommet mondial de New Delhi sur le développement durable - 1ère rencontre d’importance après Copenhague -, Jean-Louis Borloo s’est déclaré "confiant dans la stratégie chinoise". "Je suis absolument convaincu que la notion de risque [lié au changement climatique] est plus importante en Chine que dans d’autres pays". La stratégie du "low carbone" est aujourd’hui clairement affichée par les Chinois, "qui savent qu’il est plus facile de bâtir un modèle sobre et plus performant" que de transformer un modèle à 24,5 tonnes (de CO2), comme c’est le cas aux États-Unis.
Interrogé sur la part de responsabilité chinoise dans l’absence d’accord contraignant à Copenhague, le ministre français a rejeté les critiques. Ce qui n’avait pas été le cas de Chantal Jouanno, sa secrétaire d’État à l’Écologie, ni du ministre britannique de l’Environnement, qui, le 20 décembre, évoquait "une résistance incroyable de la part d’un petit nombre de pays en développement, dont la Chine".
Déjà la semaine dernière, Jean-Louis Borloo avait affirmé, contre toute attente, que Copenhague avait été à de nombreux égards un « succès majeur ». "L’occident voulait un accord qui lui ressemble, comme le paquet climat énergie européen, avec une logique de contrat, un contrôle annuel, une cour de justice et des pénalités. Or ce n’est pas une logique à 193 pays. Ce qui est important c’est que le monde se mette en mouvement."
Inventer une nouvelle règle
Au programme des prochaines négociations : la mise en place du fonds de solidarité internationale, mais aussi des problèmes de calcul soulevés par Pékin. Selon Jean-Louis Borloo, les Chinois seraient ainsi réticents à inscrire l’objectif de 2 degrés dans le document final car "d’après leurs calculs, la proportion des efforts entre pays industrialisés et pays en développement ne serait pas correcte."
Pour ce qui est du contrôle des efforts engagés pour réduire les émissions, le ministre de l’Écologie a déclaré que si les pays européens avaient accepté certains abandons de souveraineté pour construire l’Europe, les autres auraient sans doute eu "du mal à vendre à leur population des abandons de souveraineté". Pour lui, le document de principe sur les MRV [1], mécanisme international de contrôle, notification et vérification serait aujourd’hui considéré aujourd’hui comme suffisant.
Pour ce qui est de l’avenir, et notamment de la conférence sur le changement climatique qui aura lieu à Cancun (Mexique) en décembre, Jean-Louis Borloo estime qu’"il doit y avoir un grand projet contraignant mais dans une forme moderne sans pénalité". "Je ne dis pas qu’il ne faut pas améliorer l’accord, mais il faut mettre l’essentiel de notre énergie dans la mutation [d’un processus politique en processus onusien] et dans la confiance entre les pays. On a un problème de pilotage parce qu’on est encore un peu danois mais pas encore mexicains." Rappelant l’ampleur du sujet -"modifier les économies des pays du monde"-, il a déclaré qu’une nouvelle règle restait encore à inventer.
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