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    61 milliards d’euros
    Le chiffre d’affaires de Nestlé, en 2006, la multinationale « labellisée équitable ».
    Le 05/04/2007, par Johann Fleuri

    • 3 colonnes
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    Nestlé affiche des chiffres en constante progression. Le bénéfice net (9,1 milliards FS) et le résultat d’exploitation (13,3 milliards FS) de la multinationale ont augmenté de plus de 10%, et les ventes de 8,1% à 98,45 milliards de francs suisses (61 milliards d’euros). Elle est également à la tête du marché mondial du café soluble ou instantané, devant Philip Morris et Sara Lee. C’est justement autour d’une petite boite de café que la controverse gronde.

    En octobre 2005, Nestlé a lancé sur le marché britannique, Partner’s Blend, une nouvelle gamme de café soluble. Jusque là, rien d’étonnant pour le numéro un de l’industrie agroalimentaire mondiale, qui commercialise déjà près de 8 500 produits différents. Sauf qu’il s’agit d’un café portant le label « Commerce équitable ». La boîte de café résume la nouvelle ambition de l’entreprise qui souhaite s’imposer dans le créneau : « Nestlé : Coffee that helps farmers, their communities and the environnement (1) ». Venant d’une des sociétés parmi les plus boycottées au monde, l’initiative a jeté un pavé dans la mare outre-Manche. Dur de croire à la reconversion du groupe qui emploie plus de 230 mille travailleurs et possède 511 usines dans 86 pays, dont 208 en Europe, 170 en Amérique et les 133 autres en Asie, en Afrique et en Océanie. D’autant plus que le label équitable connaît un essor commercial impressionnant au Royaume Uni : son chiffre d’affaires étant passé de 30 à 250 millions de dollars en quelques années.

    The Guardian souligne la controverse que cette initiative suscite. Si Fairtrade a accordé son label à la multinationale, y voyant une formidable opportunité de développer l’équité avec l’un des quatre fournisseurs mondiaux en agroalimentaire, ActionAid et Baby Milk Action trouvent l’idée dégradante pour l’esprit équitable, reprochant à Nestlé de surfer sur la vague marketing plutôt que de s’impliquer véritablement dans la cause.

    Dans les faits, l’octroi de ce label peut être sollicité pour des produits individuels d’une entreprise et non pour l’ensemble de ses activités. Néanmoins, le renom du label équitable rejaillira immanquablement sur toutes les activités de la marque, que celles-ci résultent ou non de bonnes pratiques sociales et économiques. C’est pourquoi Artisans du monde rappelle à la Fairtrade Labelling Organizations International ( FLO) « d’être vigilants sur le risque d’utilisation du commerce équitable par les multinationales dans le seul but d’auréoler leur pratiques commerciales scandaleuses de par le monde d’un vernis éthique ».

    (1) Nestlé : Le café qui aide les fermiers, leurs communautés et l’environnement.

    Nestlé affiche des chiffres en constante progression. Le bénéfice net (9,1 milliards FS) et le résultat d’exploitation (13,3 milliards FS) de la multinationale ont augmenté de plus de 10%, et les ventes de 8,1% à 98,45 milliards de francs suisses (61 milliards d’euros). Elle est également à la tête du marché mondial du café soluble ou instantané, devant Philip Morris et Sara Lee. C’est justement autour d’une petite boite de café que la controverse gronde.

    En octobre 2005, Nestlé a lancé sur le marché britannique, Partner’s Blend, une nouvelle gamme de café soluble. Jusque là, rien d’étonnant pour le numéro un de l’industrie agroalimentaire mondiale, qui commercialise déjà près de 8 500 produits différents. Sauf qu’il s’agit d’un café portant le label « Commerce équitable ». La boîte de café résume la nouvelle ambition de l’entreprise qui souhaite s’imposer dans le créneau : « Nestlé : Coffee that helps farmers, their communities and the environnement (1) ». Venant d’une des sociétés parmi les plus boycottées au monde, l’initiative a jeté un pavé dans la mare outre-Manche. Dur de croire à la reconversion du groupe qui emploie plus de 230 mille travailleurs et possède 511 usines dans 86 pays, dont 208 en Europe, 170 en Amérique et les 133 autres en Asie, en Afrique et en Océanie. D’autant plus que le label équitable connaît un essor commercial impressionnant au Royaume Uni : son chiffre d’affaires étant passé de 30 à 250 millions de dollars en quelques années.

    The Guardian souligne la controverse que cette initiative suscite. Si Fairtrade a accordé son label à la multinationale, y voyant une formidable opportunité de développer l’équité avec l’un des quatre fournisseurs mondiaux en agroalimentaire, ActionAid et Baby Milk Action trouvent l’idée dégradante pour l’esprit équitable, reprochant à Nestlé de surfer sur la vague marketing plutôt que de s’impliquer véritablement dans la cause.

    Dans les faits, l’octroi de ce label peut être sollicité pour des produits individuels d’une entreprise et non pour l’ensemble de ses activités. Néanmoins, le renom du label équitable rejaillira immanquablement sur toutes les activités de la marque, que celles-ci résultent ou non de bonnes pratiques sociales et économiques. C’est pourquoi Artisans du monde rappelle à la Fairtrade Labelling Organizations International ( FLO) « d’être vigilants sur le risque d’utilisation du commerce équitable par les multinationales dans le seul but d’auréoler leur pratiques commerciales scandaleuses de par le monde d’un vernis éthique ».

    (1) Nestlé : Le café qui aide les fermiers, leurs communautés et l’environnement.

    2 Messages de forum

    • 61 milliards d’euros

      5 avril 2007 14:25, par Lerasle
      je peux dire que j’avais demandé par écrit à trois entreprises agroalimentaires si elles utilisaient des OGM, et Nestlé avait répondu que les innovations l’intéressaient. Mr Lerasle.

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    • 61 milliards d’euros

      6 avril 2007 19:26, par Paul Johan de Graauw

      Le risque que Nestlé, un autre grand de l’alimentaire, ou l’une des enseignes de grande distribution se servent (ou même s’auto-atribue) un "joli label" faisant référence au commerce équitable est ENORME.

      Il faut reconnaître au Artisans du Monde la clairvoyance qu’ils ont eu, depuis le début de craindre quelque "dérapage". Mais il ne faut pas oublier non plus que ces derniers, ayant leur propre centrale d’achat (SolidarMonde) et un réseau de vente bien installé avec un bon nombre de magasins, n’avaient pas autant besoin de la force de distribution des Hyper/Super/Proxi qu’un label comme Max Havelaar qui, de son côté est un organisme certificateur en ne vends donc pas de produits alimentaires.

      Heureusement que Artisans du Monde "veille au grain" et est là pour rappeler à FLO qu’accorder le "blanc seing" à Nestlé peux en déranger certains...

      Bien à vous Paul J. de Graauw à Lyon

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